Dimanche 31 juillet 2011 7 31 /07 /Juil /2011 19:05

Il s'en est passé des choses depuis ma dernière publication! Il y a eu un carnage en Norvège, la mort d'Amy Winehouse, le problème non encore résolu de la dette des Etats-Unis. Depuis le début de l'année, les jounalistes ne savent plus où donner de la tête et nous ne savons trop que penser de tout cela. Au-delà des faits divers ou des accidents climatiques, on a l'impression que l'histoire s'accélère et que nous assistons à une passation des pouvoirs entre les Etats-Unis et la Chine. Et cette transition doit expliquer bien des guerres et bien des révolutions. Malheureusement nous sommes trop loin des officines du pouvoir et trop mal informés par les médias pour comprendre ce qui se trame véritablement, quels sont les rapports de force, les enjeux. Peut-être verrons-nous l'effondrement d'un empire ou même de tout un système économique. Peut-être l'histoire poursuivra-t-elle son cours comme avant - et nous nos petites vies -, après ses quelques turbulences. Qui sait?

Quoi qu'il en soit, loin de toutes ces grandes questions et pour le plus grand divertissement de mes lecteurs, je propose une série de nouvelles sur mes voyages et aventures de ce mois de juillet.

 

 

-… C’est un gars que j’ai rencontré quand je bossais au collège du Grésivaudan.

 Christophe avait mis fin à une courte conversation sur son portable.

-Et il arrive demain, tu dis ?

-Ouais.

-Il reste combien de temps ?

-Quelques jours…

La copine de Chris était un peu chagrinée et elle avait du mal à le cacher. Elle passa ses bras autour de son cou.

-J’avais envie qu’on reste tranquilles, tous les deux. On pourra plus faire crac-crac dans l’après-midi, n’importe où dans l’appart’…

-C’est pas comme si on était dans un appart’ d’une seule pièce. Il y a trois chambres. Dès qu’on sera enfermé, on pourra faire ce qu’on veut.

Et ils s’embrassèrent sur ces bonnes paroles.

Le lendemain la copine de Chris prépara une petite salade composée, Chris, lui, acheta des bouteilles chez le caviste du bourg. Ils avaient installés la table sur la terrasse. On s’y trouverait à l’ombre.

A onze heures, Chris et sa copine se rendirent à nouveau dans le bourg. Il faisait si chaud qu’ils recherchaient l’ombre des façades de pierre. Ils attendirent dix minutes sous un arbre, non loin de l’arrêt, en plein cagnard. Chris transpirait à la vue de l’abri de bus et de son toit de verre inondé de soleil.

Le car arriva en retard. Chris s’avança, suivi de sa copine, en retrait. Il chercha des yeux son pote parmi les quelques rares têtes qui pointaient. Il n’y avait pas beaucoup de monde à remonter de la vallée du Rhône jusque là : une route peu fréquentée comme le sont toutes celles de l’Ardèche.

Chris aperçut enfin un gars d’assez petite taille, aux cheveux bruns, très longs et attachés. Sa copine se dit qu'il avait vraiment une sale dégaine.

Ce gars qui lui sourit et lui tend la main, le pouilleux auquel sa copine fait un sourire mi-figue mi-raisin, ce mec, c’est moi : Eminescu !

 

Ah! mon petit Chris, tu vas voir qu’on va bien s’éclater pendant ses vacances !

Par Eminescu - Publié dans : Nouvelles drolatiques - Communauté : ecrivains en herbe
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Lundi 11 juillet 2011 1 11 /07 /Juil /2011 20:57

(Cela faisait trop longtemps que je délaissais mes lecteurs et que je n'écrivais que des articles sur l'actu. Cela a fini par me lasser. Aussi je publie une petite nouvelle drolatique dans le goût de celle que j'avais l'habitude d'écrire un temps.)   

 

La soirée avait été arrosée. J’avais je ne sais quel chagrin à noyer, un cafard citadin, ou une espèce de frayeur de vieillir. A présent il m’arrive souvent de boire seul. Toujours est-il que, deux jours après, j’étais en bien meilleure forme et que je sortais de mon immeuble pour porter les cadavres de ma beuverie dans le gros bidon qui trône de l’autre côté de la rue, dans un grand parking. On ne parlera jamais assez, pour le moral, des bienfaits de la cuite.

J’entendais avec plaisir les bouteilles éclater contre d’autres bouteilles, à l’intérieur ; à travers les trous dégueulasses, je les lançais de toutes mes forces afin d’obtenir les sons les plus grondants.

En traversant à nouveau la rue, je surpris une grande dame noire en train de placarder un autocollant sur un lampadaire. C’étaient un nom, seulement, et un numéro.

Je me suis toujours demandé de quoi il s’agissait. C’est vrai, on les voit partout ces noms et ces numéros et on sait jamais sur qui on pourrait tomber en appelant. Le papier de ces autocollants, abîmé et décoloré par les intempéries, fait partie de notre quotidien. Mais quelle est leur nature véritable ? De la pub ? Mais alors de la pub pour quoi ?

Je suis curieux de nature et l’occasion était trop belle.

Je me suis dit que cette dame qui collait des numéros furtivement voudrait bien m’éclairer, que cela m’économiserait toujours un coup de fil surtaxé.

-Madame, oui… excusez-moi. Sur qui on tombe quand on appelle ce numéro ?

-Ce numéro là ? Mais sur moi.

Voilà qui m’intriguait : elle placardait ces propres petites annonces.

-Et que dites vous à l’appareil ?

-Ce que je dis ? Vous voulez vraiment savoir ?

-Simple curiosité.

-Je dis : « Oh oui, je te tripote la kikoute, oh la kikoute ».

-Mais c’est pas vrai, c’est à distance…

-Oui, mais toi, à l’autre bout du fil, tu te la tripote en croyant que c’est moi.

-Excusez-moi, mais je sens bien si c’est ma main ou celle de quelqu'un d'autre. C’est d’ailleurs un peu trop souvent la mienne… Et après ?

-Après, ça fait : « Oh oui, je te la tripote, oh que je te la tripote… J’aime ça, oh, j’aime ça ah ah ».

-Et si j’y crois toujours pas

-Eh bien vous me donnez votre adresse et je passe chez vous.

-Sans façon, avec le bordel qu’il y a dans mon appart’, je peux vraiment accueillir personne.

-Vous êtes sûr ?

-Bien vrai… En tout cas je vous remercie. Ça faisait longtemps que je me posais des questions là-dessus: me voilà renseigné.

Et je regagnai mon immeuble en sifflotant.

On fait quand même de sacrées rencontres quand on sait ouvrir l’œil.

Par Eminescu - Publié dans : Nouvelles drolatiques - Communauté : ecrivains en herbe
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Mardi 31 mai 2011 2 31 /05 /Mai /2011 20:44

J'ai pu écouter aujourd'hui l'émissions de radio "les Grandes Gueules". Un certain Pascal Boniface y était invité. C'est un homme courageux qui épingle ces prétendus intellectuels, Les autorités morales (Badinter, BHL, Lang, Jean-François Kahn) que j'exècre: Bernard Henri Lévy et Caroline Fourest entre autres.  Il vient d'écrire un livre, Les intellectuels faussaires, où il s'étend sur leurs mensonges et leurs connivences. Quatorze refus d'éditeurs. Voilà qui m'intéresse.

Par Eminescu - Publié dans : Commentaires, rélexions, etc.
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Dimanche 22 mai 2011 7 22 /05 /Mai /2011 21:02

Robert Badinter.jpgJeudi, dans une émission consacrée à l'affaire DSK, Pujadas a présenté Robert Badinter comme "une autorité morale". Qu'est-ce à dire? Que l'on doit suivre les recommandations de notre homme, parce qu'il a écrit des livres très savants, bien entendu, mais aussi parce qu'il s'est battu contre la peine de mort - et il a gagné. Pourquoi pas? Mais on pourait étendre le concept à bien d'autres individus, qui se servent des tribunes médiatiques pour répandre des idées que le citoyens lambda est prié d'adopter. Ils sont autant de repères pour un peuple qu'ils veulent libres, mais qui ne sait ni voter, ni avoir de bonnes opinions. Ce sont des guides. Et en cela ils me font penser à une caste de prêtres qui détient seule la connaissance du bien et du mal. Leur religion, je pourrais bien en parler dans un prochain article, est tout entière axée sur la Shoah qui est, de tout évidence, la pierre de touche de tout événement. Par leurs origines israëlites et leur étroites connivences, ils me font penser à cette tribue de Lévy que l'on trouve dans le Pentateuque et à laquelle est confiée une fonction sacerdotale qui la met à part. Nos intellectuels de gauche sont les gardiens d'un culte qui fait intervenir à tout moment les Juifs, les Nazis et la notion de Génocide, les antisémites, les négationistes. Autour de ses notions s'élabore toute une morale, qui ressemble parfois à de la casuistique. On comprend, dès lors, la haine de ces nouveaux prêtres contre les catholiques que l'on accuse de tous les maux: nos intellectuels ne les détestent pas seulement parce qu'ils appartiennet à une religion avec laquelle les leurs ont eu par le passé quelques différents, mais parce qu'ils ont occupés une fonction dans laquelle ils veulent les remplacer; et il leur a fallu leur arracher des mains les âmes du bon peuple de France.

Le problème, c'est quand l'intérêt de la caste entre en conflit avec les principes affichées, principes auxquels on dit ne jamais avoir dérogé et qui fonde précisément l'autorité morale. C'est le cas dans l'affaire Polanski, mais plus encore dans l'affaire DSK.

Petit tour d'horizon:

-Robert Badinter s'est dit outré par le déchaînement médiatique qu'a entraîné l'affaire. "On ne frappe pas un homme à terre". Il est vrai qu'il a toujours défendu les criminels dans son combat contre la peine de mort. Avoir une pensée pour la victime, c'est pas son genre. Sa femme est une grande féministe. Elle combat évidemment les violences faites aux femmes, mais quand il s'agit d'Arabes, de paysans ou de chômeur, pas quand on a affaire à un corréligionnaire, un ami de toujours.

-Pour BHL, Clémentine Autain a eu la très mauvaise idée de rappeler qu'elle avait été violée au moment de l'affaire DSK. Se faire violer, et trouver cela inacceptable, c'est d'un mauvais goût... Il est intervenu lors de l'affaire Garcia pour expliquer qu'il s'asseyait sur la présomption d'innocence. Il ne faut respecter les lois que lorsqu'elles arrangent ses amis.

-Jack Lang estime, quant à lui, qu'il n'y a pas "mort d'homme". C'est un débauché notoire. Il y a à peu près vingt ans, il parlait de la pédophilie comme d'"un continent à explorer". Lui, il est du genre libéral en matière de moeurs. Une tentative de sodomie? Une fellation forcée? Il n'y a là rien d'extraordinaire.

-Mais le pompon revient à notre ami Jean-François Kahn, l'ancien rédacteur en chef de Marianne, la revue des bobos. Il est très enclin à s'insurger contre toute forme de racisme ou Fichier:JF Kahn.jpgd'injustice sociale - et il faut voir ce qu'il met dans les dents de Sarkozy. Ici, tous les éléments sont réunis: une pauvre femme de ménage noire violée par le patron du FMI. Est-il scandalisée? outrée comme on s'y attendrait? Non, pour lui il s'agit d'un simple "troussage de domestique". Il hausse les épaules.

Je termine avec l'argument commun à tous nos intellectuels: "Nous connaissons bien Dominique, il n'aurait jamais pu faire ça." Evidemment. Un viol, c'est un truc de curé sur les enfants, d'Arabe en groupes, de paysans sur les bêtes, mais la caste, elle, est en dehors de tout ça. Il faut croire en la théorie du complot, pas en la culpabilité de Strauss-Kahn. Ce sont les nouveaux prêtres qui le disent. On a pas le droit de menotter et de mettre en prison l'un des leurs... comme n'importe qui.

Par Eminescu - Publié dans : Commentaires, rélexions, etc.
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Lundi 16 mai 2011 1 16 /05 /Mai /2011 19:18

J'étais dans ma vieille 205 quand j'appris la nouvelle, ou plutôt quand j'en eus un premier écho. Quelque chose de louche s'était produit aux Etats-Unis. On parlait déjà de séisme politique. J'ai attendu vainement que le journaliste de France Inter, qui parlait de "prudence", en viennent aux faits et, en désespoir de cause, j'ai regagné mon appartement afin de me connecter à Internet. S'il fallait attendre après les médias officiels...

La nouvelle faisait les gros titres de tous les sites d'information: Dominique Strauss Kahn était accusé de viol.

Et je n'ai pu m'empêcher d'imaginer le scénario du crime.

Voici notre patron du FMI qui entre dans son hôtel de luxe. A quoi pense-t-il d'abord? A faire payer les Grecs Et il les trouve bien long à rembourser ses amis les banquiers. 

Il s'empare d'une clef après avoir reluqué la jeune femme de la réception; son attaché-case à la main, il remarque en rodant dans les couloirs une femme de ménage noire à la poitrine avantageuse et lui glisse à l'oreille quelque cochonerie. Nous le retrouvons dans sa suite, un cigare à la main. Il continue de méditer sur des plans tordus de prises de pouvoir en France. Les élites du pays lui offrent la présidence sur un plateau. On fera monter Marine Le Pen avant de lui flanquer une profanation de cimetière juif dans les dents ou un petit meurtre raciste en marge d'un défilé du Front National. Le patron du FMI n'aura plus alors qu'à revenir en glorieux défenseur de la démocratie et des libertés. Les patrons du Cac 40 s'en frottent les mains depuis des mois.

Lui aussi, et il avale une gorgée supplémentaire du meilleur Bourbon.

Notre homme vit de nuit à la manière d'un vampire. Il poursuivait ses plans machiavéliques bien après le lever du jour; il devait être onze heures ou midi. Il décide de prendre une douche, avant de se rendre à l'aéroport; il avait à peine dormi. L'eau chaude, ruisselant de part et d'autre de son ventre énorme et cascadant au beau milieu de son entrejambe éveille ses désirs. Il se met à fredonner un air langoureux, ou plutôt à grogner doucement.

A quelques pas de là, l'employée de couleur que nous avons croisée déjà fait son travail comme tous les matins. Elle sort d'un appartement misérable, à la cime d'un immeuble de briques triste à mourir; son salaire lui permet à peine de rembourser son prêt immobilier. Elle vit seule avec sa fille pour laquelle elle fait des heures sup'. 

Aucun écriteau du type "ne pas déranger" ne pend à la poignée; on lui dit même que la chambre n'est pas occupée. Et pourtant elle éprouve comme un malaise face à la porte entrouverte. Elle entre. Il lui avait semblé entendre un jet de douche du couloir. Plus rien. La pièce baigne tout entière dans une fumée âcre et épaisse. Elle distingue çà et là des documents, des mégots, une bouteille vide et un portable qui traîne. Comme un frottement énergique du côté de la douche... Elle se retourne: rien. Une revue de charme est ouverte sur le lit à moitié défait. Le client a dû partir en oubliant de petites choses, comme cela arrive si souvent.

Elle enlève les draps, en étend de nouveaux sans remarquer la porte de la douche qui s'ouvre. Elle entend enfin que l'on ferme à clef derrière elle. Alors tout s'accélère. Un être soufflant bruyamment vient s'écraser sur elle, il malaxe ses seins à pleine main. Dans un sursaut d'horreur, elle parvient à se dégager, à se retourner. Elle est assise au bord du lit et se trouve face à un ventre énorme couverts de poils poivre et sel; un sexe en érection dont le gland rouge à éclater pointe vers elle. Deux pattes la tirent par les cheveux. Elle hurle. "T'avais envie de ça, hein, ma salope, t'en avais envie depuis hier soir... avoue!" En griffant de rage le torse de son agresseur, elle parvient à échapper momentanément à son étreinte. Il la poursuit, la rattrape par les cheveux. La porte de la salle de bain est ouverte. Il la traîne à l'intérieur. "Maintenant, suce-moi!" Toujours ce membre affreux, repoussant, qu'il ramène à son visage et qu'elle ne veut pas voir. Elle se débat une nouvelle fois. Il fait sauter ses boutons en tirant sur un pan de sa chemise, découvre sa poitrine. Elle se débat toujours, crie à s'en étrangler. Elle entend son souffle rauque, celui d'un animal en rut. Enfin, avec une force qu'elle n'aurait jamais cru avoir, elle se libère et renverse le monstre, court vers la sortie. La porte est fermée. Elle en active précipitamment  la clef. La voilà libre, mais encore choquée, qui se recouvre la poitrine de sa chemise déchirée...

Le patron du FMI, lui, est toujours assis dans la salle de bain et son gland rouge pointe au creux de ses cuisses, tout petit sous son ventre énorme.

Il ne s'alarme pas même de l'événement: il lui est arrivé d'être pris de ces pulsions irrépressibles. Après tout, il a de l'argent. Il s'en est toujours sorti.

 Son attaché-case est rangé dans une armoire. Il le reprend et s'en va comme s'il ne s'était rien passé.

 

 

Voilà le scénario que l'on peut reconstituer à partir des éléments de cette sombre affaire. Maintenant qu'entend-on à la télé de puis plusieurs jours? Des connards du PS qui sont choqués, atterrés, qui ont les larmes aux yeux. Serait-ce pour cette jeune femme qu'il a tenté de violer, et qu'il aurait violée s'il l'avait pu? Non! C'est pour le bourrreau qu'ils s'inquiètent. Ils pensent à sa famille! Et ils nous refont le coup de l'affaire Polansky (Deux pédophiles (Frédéric Mitterand et Roman Polanski), leurs défenseurs ), je suis même étonné qu'on ne nous parle pas d'antisémitisme. C'est quand même fort. Je ne suis pas sûr qu'un Français lambda aurait eu autant de soutiens, et même que la simple idée de faire parler sa mère ait paru très décente, vu les actes qui ont été commis. Mais, là où la gauche atteint des sommets, c'est dans son utilisation de la théorie du complot. Allez évoquer l'inside job pour les attentats du Onze Septembre à la télé, même avec des arguments: vous verrez le sort qu'ils vous feront. Vous serez un complotiste, défendant le Protocole des sages de Sion, un antisémite donc, un nazi. Mais quand il s'agit de défendre un gros bonnet, on peut évoquer un piège tendu, une sombre manigance, même quand on n'a pas l'ombre d'une preuve. C'est scandaleux.

Allez, on aurait eu affaire à un bon père de famille, un brave type rangé, on la croirait cetteStrauss-Kahn, Dominique (official portrait 2008).jpg histoire. Mais vous êtes allés regarder les casseroles que ce mec-là se traîne? C'étaient déjà des accusations de harcèlements il y a trois ans, une tentative de viol quelques années plus tôt; aucune femme ne voulait travailler dans son ministère. Que ce soit dans son bureau ou dans un ascenseur, il n'a jamais pu se retenir. C'était de notoriété publique. Et on irait nous faire croire que l'on a payé une femme pour le faire sauter? Si c'est le cas, elle n'a pas eu à le tenter longuement. Je crois même que notre homme était bien assez impulsif pour se faire du tort tout seul et qu'il n'a pas eu besoin d'aide pour se fourrer dans la merde où il est.

Et puis les médias sont choqués du sort qui lui est fait. Le pauvre homme a été menotté et même maintenu en détention. Ah on ne verrait pas ça en France! Evidemment, puisqu'en France on a pitié des assassins et que l'on trouve des excuses aux violeurs, surtout quand ils ont de l'argent. Aux Etats-Unis, on traite de la même manière un black du Bronx, un grand cinéaste et le patron du FMI. Pour nos élites, c'est un scandale. Moi j'appelle ça la justice.

Par Eminescu - Publié dans : Nouvelles quotidiennes
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Jeudi 7 avril 2011 4 07 /04 /Avr /2011 19:28

L'intérêt d'Internet, c'est quand même de nous proposer une vision alternative des événements qui secouent en ce moment le monde. Les médias nous fournissent, comme ils l'ont toujours fait, une lecture chrétienne. Même s'ils n'ont rien de chrétiens, ils se servent de schéma propre à cette religion - dont notre morale n'est qu'une variante laïque et souvent dévoyée. Dans le cas qui nous occupe, la Côte d'Ivoire, nous avons un homme politique, élu de manière soi-disant démocratique, qui se voit dépossédé  par le président sortant (lutte du Bien contre le Mal). Ouattara, bien qu'ayant la majorité pour lui, se trouve encerclé dans sa résidence d'Abidjan et ses partisans sont victimes des exactions du parti adverse (le faible persécuté). Enfin, une intervention étrangère, l'opération Licorne menée par les forces françaises, ramène au pouvoir l'élu légitime et fait éclater la vérité aux yeux des Ivoiriens (triomphe du Bien sur le Mal grâce à une Providence à la Cyrus, etc.).

On pourrait multiplier les exemples sur d'autres sujets et retrouver des thématiques chrétiennes dans la vision apocalyptique que l'on nous donne de l'écologie et à laquelle Internet fait également contre-poids. Quoiqu'il en soit, je ne prendrai parti ni pour les uns, ni pour les autres, je ne défendrai ni Bagbo, ni Ouattara; je me réjouirai seulement de ce que l'on puisse entendre parfois d'autres sons de cloche. La vérité est toujours complexe et, dans leurs simplifications outancières, les médias ne donnent à voir que du mythe. Aussi, je place en lien un article assez dérangeant de Bernard Lugan, un spécialiste de l'Afrique, mais de l'Afrique réelle, comme il aime à le rappeler... link.

 

Par Eminescu
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Jeudi 7 avril 2011 4 07 /04 /Avr /2011 18:58

Vous me direz que je fais une fixation, mais je n'ai pas pu m'empêcher de parler de cet individu insaisissable. Il me semble qu'en l'étudiant de près je parviendrai à en savoir un peu plus sur les idés et les hommes qui nous gouvernent véritablement. Si l'on s'appuie sur les éléments de mon précédent article (Eléments d'actualité ) et sur celui que je place en lien (link), on comprendra aisément que BHL est plus qu'un faiseur d'opinion, le trublion médiatique que l'on se plaît à dénoncer: pour quelqu'un qui n'a aucune légitimité démocratique, il a un pouvoir qui dépasse l'entendement. Comment se fait-il qu'on laisse des types comme lui mener des missions diplomatiques? Est-ce un électron libre ou roule-t-il pour quelqu'un? On a bien le droit de ce poser ces questions... Non?

Par Eminescu
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Jeudi 31 mars 2011 4 31 /03 /Mars /2011 19:37

J'aime les artistes, j'aime l'image qu'ils incarnent, j'aime enfin la puissance de leurs convictions, de leurs engagements. Queen, les Beattles, la force des années soixante, soixante-dix, une oeuvre universelle! Quand je suis seul, je fredonne des airs, je reprends et déforme leurs chansons. J'aime les artistes de gauche...

 

Lundi matin, en écoutant France Inter dans la 205, je chantais à tue-tête:

Imagine all the people living without Arabs...

Ouh ouh ouuuh ah

You may say I'm a dreamer, but I'm not the only one

 

Et:

 

It would be heaven for everyone...

 

Une traduction?... Oh ça va, ce n'est que de l'humour.

Par Eminescu - Publié dans : Commentaires, rélexions, etc.
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Lundi 28 mars 2011 1 28 /03 /Mars /2011 18:52

Voilà un pavé que j'achève difficilement. Je l'ai abandonné plusieurs fois, l'ai repris, m'y suis acharné ces jours-ci malgré mes maux d'estomac, et suis arrivé à la dernière page il y a peu. Je suis content de moi. Hier et avant-hier, pris dans l'histoire abracadabrante d'un nain qui cherche à soutirer de l'argent au héros afin de partir en Amérique, je me suis demandé pourquoi je parcourais tous ces monologues intérieurs et tous ces qui-pro-quo. Tant d'absurdités!

J'ai persévéré pourtant parce que ce livre livre est devenu pour moi une sorte de symbole.

L'ayant laissé en suspend pour la deuxième fois en août, j'ai sombré dans une profonde déprime, qui m'a fait enrager contre ma vie d'intellectuel - tout ce travail pour si peu de reconnaissance.  J'ai jeté des livres de chinois dans une benne à ordures, puis une partie de ma bibliothèque. Je me suis mis à faire du sport et à boire de la bière. Par la suite, après le moindre désagrément, je craquais un nouveau livre que je foutais à la poubelle. Je me suis remis au travail depuis - et je peine à écrire après tant d'inactivité. Ces derniers temps, par une association de mots, je liais le sort échu à mes livres au titre de ce roman de Canetti: mes livres seraient en danger tant que je ne l'aurai pas lu dans son intégralité.

C'était puéril, mais j'ai lu et je vais mieux.

Au-delà des superstitions, je suis satisfait d'avoir terminé un roman long et ardu, mais d'une grande intelligence; je suis satisfait de toutes les réflexions qui me sont venues à la lecture de la troisième partie .

Mais commençons par la première.

Peter Kien est un grand sinologue qui s'enferme avec ses livres et se voit perturbé dans son travail par une femme de ménage qu'il a eu le tort d'épouser. C'est un personnage original et attachant qui me parle et auquel je m'identifie. Il me rappelle le héros de Lewisohn, dans Mrs Crump. Plus qu'une victime du couple bourgeois, on peut voir en lui l'esprit qui s'oppose à la réalité, le philosophe et sa servante que représente si bien Rembrandt. L'une est tout entière dans des préoccupations matérielles et mesquines, l'autre médite. Sauf qu'ici tout est drolatique et grotesque. Kien tombe d'une échelle de sa bibliothèque en retournant ses livres afin de les sauver de sa femme, cette dernière - à plus de cinquante ans - pense à séduire un vendeur de meubles, et le concierge en bas est un rouquin violent qui ne rêve que de brutaliser son monde.  Au final notre héros est chassé de son paradis de bibliophile et, comme Adam, il doit se frotter aux dures réalités de la terre: "Un monde sans tête". 

C'est le titre de la deuxième partie.  

Fini les Lao-Tseu, Confucius et  autre Mencius; Kien côtoie à présent un nain, un aveugle et un égoûtier. On comprend que l'auteur a voulu créer une cacophonie de pensées, de valeurs et d'enjeux, décrire une nouvelle Tour de Babel - c'est ainsi que l'oeuvre fut tout d'abord traduite - mais, sur plusieurs centaines de pages, cela devient vraiment indigeste. Surtout quand le procédé du qui-pro-quo est repris ad nauseam sur le même schéma: un propos mal compris par un personnage qui se traduit par un monologue intérieur et des réactions en chaînes. L'intrigue se resserre un moment autour du Thérésianum, ce Mont-de-Piété où Kien passe son temps à racheter des livres; mais cela est raté, cela ne fait pas sens comme je l'aurais espéré. Seul l'employé qui dévore les livres m'a amusé; il me rappelait un des personnages de mon court roman. Il faut noter enfin dans cette partie l'antisémitisme d'un auteur pourtant juif. Le nain Fischerle, qui devient le personnage principal, se distingue par sa fourberie et son avidité; le grand nez qui cache sa bouche le rend inquiet quand il se trouve dans une église.

Ses manigances interminables amènent finalement à la troisième partie, la plus intéressante. George Kien reçoit un faux télégramme de son frère (le nain voulait le faire venir à Vienne afin de le plumer). C'est un psychiatre qui plait aux femmes et veut sauver ses aliénés - il est aux antipodes de Peter -, un psychiatre derrière lequel on peut sans peine reconnaître Freud et toute la clique des psychanalystes que notre auteur ne devait guère apprécier. Il est aussi fou que ses malades, mais ses théories sur les masses sont passionnantes. A vingt-cinq ans, Canetti élabore déjà ce qui sera le fond de son oeuvre: les rapports entre foule et pouvoir.

Grâce à la psychanalyse à laquelle George soumet Peter, nous assistons ébahis à une diatribe érudite contre les femmes. Du jamais vu depuis Simonide d'Amorgos. C'est subtil, inconvenant, choquant même pour les bonnes âmes d'aujourd'hui. (Tout ce que j'apprécie.) Et tout y passe: Hélène, Eve, Cléopâtre, les sentences de Bouddha et les anecdotes sur la vie de Confucius. Encore une fois, je ferai une lecture gnostique ou mystique de cette misogynie: derrière les femmes, je vois ce principe de réalité qui arrache irrémédiablement l'esprit aux cimes de la spécualtion.

Le roman pour moi est profond et puissant par la figure du personnage principal qui se dégage de la première partie et par l'érudition et la qualité des réflexions de la troisième. Il a du souffle sur le début et sur la fin; il est moderne dans sa narration et son goût de l'absurde au point d'en être déroutant. C'est un roman de philosophe; ce qui n'enlève rien à ses qualités. Un roman de philosophe, donc, qui finit mal. Kien, revenu parmi ses livres avec l'aide de son frère, finit par céder à la paranoïa, il ne peut plus vivre comme avant; le monde cherche à faire irruption dans la tranquillité de sa bibliothèque. Il n'aura d'autre choix que de s'immoler dans un bel... autodafé. ,

Par Eminescu
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Mercredi 16 mars 2011 3 16 /03 /Mars /2011 17:55

Impossible d'abord de savoir où j'étais quand j'émergeai du sommeil profond où j'étais plongé. Les meubles fatigués, mon évier sale et ce vieux frigo: c'était mon appart' à Saint E'. Mais pourquoi faire sonner son réveil quand on est au chômage? Ca me revient: j'avais décidé d'échapper à la Cotonne et à ses racailles.

Il me fallut me contenter d'un yaourt sans sucre - impossible dans trouver dans mes placards - et d'un café bien fort. Mon sac fait à la va-vite. J'extirpai au fer à repasser l'humidité de chaussettes qui n'avaient pas fini de sécher. Je les enfilai. Je chargeai la 205, m'installai au volant, respirai un bon coup.

La tête me tournait et j'achetai un pain au chocolat dans la boulangerie d'à côté.

Derrière son écran de poussière, la petite aiguille de la jauge d'essence était au plus bas. Je devais encore faire le plein. Les gens qui remplissaient leur auto faisaient grise mine en cette froide matinée. Les chiffres rouges des pompes défilaient à une vitesse anormale. Une secousse dans le poignet, je retirai mon pistolet du réservoir et l'égouttai, avant de passer à la caisse. Ma carte bleue chauffe et j'en ai mal au derrière.

Quelques rues encore. Le périphérique. Un grand rond point, direction: Clermont-Ferrand. Cette fois je suis parti. Je parvins bientôt à une série de stalles où s'engouffraient les autos en files. En retirant mon ticket, la barrière se lève. Alors je fais cracher à ma 205 tout ce qu'elle a dans le ventre.

Elle n'avait plus grand chose la pauvre; c'était une petite dame usée qui se traînait difficilement sur la voie de droite. Et de grosses berlines mal élevées la dépassaient en trombe.

Par moment j'arrivais quand même à rattraper un poids-lourd. Et, en bloquant les deux voix, j'emmerdais les grosses cylindrées, derrière moi, qui me faisaient des appels de phares. Après tout, l'autoroute est à moi tout autant qu'à eux.

  

Une cafét' - mais c'est du vol! - , un coca, quelques cafés. Des heures et des heures de route plus tard...

 

Je croyais arriver facilement à Chenonceau - ou à un château quelconque - en suivant de grands panneaux illustrés. Mais ces panneaux n'indiquaient rien de précis, tout au plus les curiosités locales. Usant de ma seule carte, consultée le matin même, sans GPS, je pris la sortie qui m'inspirait le plus et errais longuement dans un plat pays. Un pays charmant, à vrai dire, par cette belle journée de mars. Les bois, ici et là, s'apprêtaient à verdir et de petits villages aux belles maisons de pierres blanches défilaient. L'âme de la France, à la fois noble, douce et sereine. Me revinrent à l'esprit les Regrets de du Bellay, les passions amoureuses de Ronsard et le raffinement de la cour d'un François Ier.

Traversée de Chenonceau. Hôtel de luxe. Nouvelles indications. A la sortie du village, je rate l'entrée du château. Mais je l'ai vue. Je fais demi-tour, traverse une voie ferrée, me gare dans un petit parc. Un soleil de fin d'après-midi donne aux peupliers et aux saules pleureurs, rangés en file, des couleurs d'une vivacité singulière.

Les oreilles bourdonnantes et les yeux secs, je m'extrais de mon auto, je m'étire en inspirant profondément.

M'y voilà.

Mais il fallait payer - toujours payer - pour contempler l'édifice, même de l'extérieur. C'était cher; il était tard; trop tard pour entrer. Tout au bout d'une allée majestueuse, de l'autre côté des douves, je n'aperçus qu'un grand mur blanc et, sur un toit d'ardoise, une fenêtre flanquée de petites flèches gothiques.

Des touristes hollandais venaient à ma rencontre. La visite était terminée. Un peu las je retournai à ma 205. Vu le prix des hôtels, il me serait plus avantageux de rouler de nuit, toute la nuit.

Quelle idée de rouler autant pour épier un bout de château.

Par Eminescu - Publié dans : Nouvelles quotidiennes - Communauté : ecrivains en herbe
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