Journal de Chine - Petites et grosses arnaques à Shanghai

Publié le par Eminescu

Lors de mon premier séjour en Chine, en 2004, j'avais fait un sans faute : ni vol, ni arnaque, ni tracas d'aucune sorte, pas même de contre-temps. Il est loin d'en aller de même à présent. Certes, j'ai rencontré dans l'avion une demoiselle fort sympathique – la Chinoise que j'ai mentionné plus haut. Elle m'a aidé à me diriger dans l'aéroport et à trouver un taxi afin de gagner mon hôtel. J'ai dû croire que tous les Chinois étaient aussi prévenants qu'elle. Le lendemain, en voulant me rendre dans le centre-ville, j'ai été accosté par des chauffeurs de taxi à un arrêt de bus. La ville étant infiniment plus grande que je ne l'avais imaginé, je me voyais mal effectuer le trajet en bus, demander en chinois quand je devrais descendre, parvenir à faire les changements nécessaires. Je me suis laissé convaincre. Nous avons négocié un prix. J'ai cru comprendre que l'un des hommes cédait pour une somme que j'avais fixée. Je suis monté dans sa voiture. Nous avons roulé sans fin parmi les immeubles qui s'étendaient à perte de vue. L'homme s'est arrêté au niveau du Bund. Il m'a réclamé la somme que j'avais cru convenir... avec cent yuans de plus. La situation étant particulièrement délicate, j'ai cédé par lâcheté. Il m'a même engueulé en chinois, m'expliquant sûrement que le trajet était long et qu'il lui fallait amortir l'essence dont il remplissait sa bagnole.

Je me suis promené ensuite sur les bords de la rivière Huangpu, une berge surélevé et aménagé en promenade piétonne. Comme je cherchais à gagner la gare et Hanzhou, j'ai été accosté par des étudiants : deux demoiselles jolies et fort sympathiques et un jeune homme plutôt froid. Ils avaient l'air intéressés par mon métier, la France et sa culture. Ils m'ont proposé de boire un thé. Étant en Chine pour trouver du travail en tant qu'assistant de langue, je me suis dit que c'était l'occasion de nouer des contacts. Nous sommes arrivés, après quelques détours, dans une petite pièce où je me suis senti mal à l'aise. Une sorte de Tibétain en costume traditionnel nous a fait goûter différents thés – un étudiant, le jeune homme, s'occupait de traduire ses explications. L'une des deux demoiselles, la plus jolie, me regardait dans les yeux chaque fois que nous levions notre petit bol. A l'arrivée, j'ai dû débourser l'équivalent de 300 euros. Craignant l'esclandre – encore une fois, je suis d'une grande lâcheté - , j'ai donné ma carte. Comme un imbécile.

Qui sait si le tenancier du salon, non content de la forte somme que je lui ai laissée, n'est pas en train de vider mon compte en banque ? En arrivant à mon hôtel, à Hanzhou, j'ai vérifié sur Internet : pour l'instant, l'opération n'est pas passée.

Quelques réflexions superstitieuses – mais, quand on est angoissé, même les esprits les plus cartésiens deviennent superstitieux... En me promenant, j'ai rencontré maintes fois le chiffre du diable, qui m'a toujours paru néfaste. En Chine, cependant, le 6, comme le 8, porte chance. Par ailleurs, je me suis connecté à « Cyber plus » ce lundi 13, à 13 heures 13 (heure française). Que de mauvais signes !

Georges de La Tour, La Diseuse de bonne aventure

Georges de La Tour, La Diseuse de bonne aventure

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