Attention, il va y avoir de la bagarre!

Publié le par Eminescu

Le Martyre de Saint Matthieu du Caravage... On appréciera l'impression de violence que créent les contrastes de lumière et le faciès du jeune homme, faciès déformé par la haine.

Le Martyre de Saint Matthieu du Caravage... On appréciera l'impression de violence que créent les contrastes de lumière et le faciès du jeune homme, faciès déformé par la haine.

Cela fait près de deux mois que je délaisse ce blog. J'ai été très occupé, stressé même. Après la Chine - je n'ai pas parlé d'ailleurs d'Hangzhou et de Souzhou dans mes articles -, j'ai découvert le Mexique. C'était la première fois que je me rendais en Amérique, la première fois que je traversais un océan, et j'ai beaucoup pensé, au cours de mon voyage, aux grands navigateurs européens, à Christophe Colomb, à Magellan et à notre Jacques Cartier. Du Mexique, je rapporterai le souvenir du château de Chapultepec, des ruines de Teotihuacan, des plages de sable fin, de la mer turquoise, des vestiges de la civilisation mystérieuse des Mayas; je rapporterai également le souvenir d'un idylle torride sur lequel je ne puis m'étendre.

Car ce n'est pas d'amour que je dois vous parler, mais de bagarre.

La bagarre, la vraie, la bonne grosse baston, la castagne, délaissée, hélas, par nos romanciers qui se complaisent dans les mièvreries psychologiques et les réflexions creuses: "Mon roman explore..." Leur roman explore leur connerie. Ma prose peut être lente, douce et poétique, mais aussi explosive. Dans Puissance de la terre, la tension monte de manière imperceptible, après quelques descriptions que je devrais vous faire partager, monte, monte jusqu'à un déchaînement de violence aussi brutal qu'inattendu.

Je place un premier extrait, celui où Sahuc règle ses comptes avec tous les petits cons qui le harcèlent. On verra ensuite son combat contre Ophis, l'effroyable chef de Villemure. Ce qu'il faut bien savoir, c'est qu'il reste un face-à-face plus extraordinaire encore. Le clou du spectacle. L'apothéose. Quelque chose de monstrueux et de démesuré. Mais il vous faudra lire mon roman pour le découvrir...

Voici un lien vers la boutique Amazon, où vous pourrez trouver mon roman: http://www.amazon.fr/Puissance-terre-geste-Grand-Sahuc-ebook/dp/B00Y8PRUK6

Sahuc a été viré d'un cours de philo; il retrouve en étude quelques gars de Seconde qui se montent la tête contre lui depuis quelque temps. Le CPE, un certain Monsieur Bernard, vient d'engueuler notre héros, qui ne lui prête aucune attention. Il repart en le laissant seul avec tous les petits cons qui l'emmerdent depuis quelques jours...

Il recula, referma la porte. On entendit ses pas dans le couloir. Un silence inhabituel retomba dans la pièce. Les petits plaisantins se concertèrent.

-Vas-y, Kevin, demande-lui, entendis-je chuchoter.

-On aimerait que tu viennes avec nous à..., fit ce dernier, embarrassé.

Sahuc parcourut des yeux la pièce, s'attarda sur chacun de mes petits camarades. Il se prit à sourire. Une lueur de haine, quelque chose de sauvage, traversa son regard.

-Surveille bien la porte, me dit-il entre ses dents. Aucun d'eux ne doit en réchapper.

Il s'élança dans l'allée centrale, prit la main de Marie Teyssier, lui glissa quelques mots à l'oreille. Elle referma aussitôt ses livres et les rangea dans son sac.

-Tu sors avec cette salope ou quoi ? s'exclama Barlet, debout à côté d'elle. Elle m'a...

Sahuc se tourna vers lui. Le temps fut comme suspendu, puis freiné dans son écoulement. Je vis son bras se déployer dans toute sa longueur, son poing rester en l'air un instant, menaçant, avant de repartir et de percuter la gueule de Barlet, qui fut déformée par l'impact. Des gouttelettes vermeilles flottèrent au-dessus de son arcade sourcilière. Son corps retomba sur le parquet avec un bruit mat ; le sang brusquement éclaboussa le mur. Alors Chloé Lopez, la Châtard, la Guérin se mirent à hurler, à se précipiter pêle-mêle dans le couloir. Corenthin Girodet, effaré, suppliant, agita les mains devant lui. Sahuc lui rentra un coup de pied dans l'entrejambe qui le plia en deux, avant d'être enserré par derrière à bras le corps. C'était Oliveira, qui croyait pouvoir le maîtriser le temps que le CPE revienne. Sahuc l'attrapa dans le dos, le souleva malgré son poids et, le faisant passer par-dessus son épaule, le projeta au milieu des tables dans un fracas assourdissant. Axel Frisch chercha à s'enfuir. Sahuc se jeta sur lui, tendit le bras, empoigna un bout de son sweat-shirt qui lui échappa. Sans réfléchir à ce que je faisais, je fermai la porte avant qu'il pût quitter la salle, bloquai la poignée de l'extérieur en la tenant de mes deux mains. Frisch essaya en vain d'ouvrir. J'entendis, derrière, les pas de Sahuc qui le rattrapait, des chocs sourds et répétés suivi de craquements répugnants, des cris de terreur qui se terminaient en gargouillis.

Je lâchai la poignée et m'affaissai contre l'encadrement de la porte. J'arrivais à peine à respirer.

Afin d'affaiblir le Boss - cet être redoutable qui domine la ville d'Aubusson -, Sahuc décide de se débarrasser de son bras droit: Ophis, le chef de tous les voyous des quartiers.

Depuis qu'il était chef de Villemure, il avait assez d'argent pour satisfaire à toutes ses envies. Les bites et les seins, les fellations, les pénétrations les plus variées se succédaient à l'écran, accompagnés des râles et des gémissements les plus explicites. Une main dans son calbute, Ophis se rinçait l’œil avec délectation, quand il lui sembla entendre comme un cri étouffé. Ses petits yeux se portèrent sur un flingue qu'il laissait, toujours chargé, sur une table basse – il savait que les gars de Marnilly voulaient sa peau. Il retira la main de son calbute, coupa le son de la télé, tendit l'oreille, immobile. Rien. Il se demanda s'il n'avait pas halluciné. Mais la porte de son appartement s'ouvrit bientôt, comme d'elle-même. Sahuc était là. Malgré lui, ses cheveux se hérissèrent.

-Putain, il y a jamais moyen qu'on me lâche les couilles, cracha-t-il en remontant son froc. Maintenant, tu rentres comme ça, toi... Je te dis de venir me trouver en cas de besoin et tu te crois tout permis. Enculé ! Le chef, c'est encore moi !

Il se calma.

-Si c'est pour me parler de Marnilly, tu perds ton temps. Le problème est réglé. J'en ai informé le Boss. Il va faire disparaître leurs trois enculés de meneurs. Les autres reviendront bien gentiment me lécher le cul... Ses petits yeux brillèrent et il sortit de sa grande bouche une langue effilée.

Sahuc s'approcha avec la lenteur qu'aurait un fauve face à un dangereux reptile.

-... Qu'est-ce que tu veux alors ? Un nouveau combat ?... J'ai plein de mecs à te proposer. Un spécialiste du systema, en Russie, Oleg ou Ivan, je sais plus son putain de nom, ça te dit ? Il a analysé tes combats, il est certain de pouvoir te battre. J'en ai un autre au Brésil. On l'appelle « l'anaconda ». Une fois qu'il t'a chopé, plus moyen de t'en défaire. Il connaît des étranglements à te péter la colonne en deux. Lequel tu préfères ?... Tu veux te battre avec qui ?

-Je veux me battre avec toi. Toutes dents dehors, Ophis éclata d'un rire nerveux, forcé, tonitruant, qui résonna dans le grand appartement, s'arrêta net quand Sahuc fit étinceler la lame de son couteau.

-A quoi tu joues, putain ? lâcha-t-il tout en reculant vers la table basse où se trouvait son flingue. Tu balances tes potes et maintenant tu veux me planter. Qu'est-ce que tu cherches ? Tu veux me remplacer ? Qui t'es pour venir me défier ici ? Tu es seul ! J'ai deux hommes en bas, armés de kalach'. Ils t'ont vu, sale bâtard ! Qu'est-ce que tu peux faire ?... Bercérès !... Haronc !

Il se mit à pousser des cris stridents qui ne furent suivis d'aucune réponse. Ce fut à nouveau le silence.

-Tes hommes m'ont vu, mais ils sont morts.

Une terreur sans nom se lut dans les yeux du chef de Villemure.

-Mais qui t'es, putain ? Qui t'es ? se mit-il à bégayer.

Sahuc, brandissant son couteau, s'élança.

-Je suis l'ange de la destruction et du chaos, le dieu de la guerre en personne.

Ophis se jeta sur son flingue, malgré son fute à moitié baissé qui entravait ses mouvements. Il se cassa la gueule, s'en empara néanmoins, le brandit aussitôt vers Sahuc en se redressant. Il n'eut pas le temps d'appuyer sur la détente. L'acier en un éclair lui traversa la gorge. Il retomba, heurtant la télé dans sa chute. Sa gorge laissait entendre un ignoble gargouillis. Désespérément, il voulut encore ramper jusqu'à son flingue. Mais Sahuc lui écrasa la poitrine du pied. Ses longs membres tout autour se débattirent de façon désordonnée, retombèrent. Il sortit un dernier sifflement de ses dents affreusement effilées. Son corps se cambra, puis s'immobilisa.

Sahuc s'en alla. Dans l'appartement vide et silencieux, l'écran brisé de la télé ne laissait voir que des fragments de chair et une flaque de sang noir, qui s'élargissait progressivement autour du cadavre d'Ophis.

Autres articles sur mon roman:

http://eminescu.over-blog.fr/2015/08/puissance-de-la-terre-sommaire.html

http://eminescu.over-blog.fr/2015/07/puissance-de-la-terre.html

Saint Georges terrassant le dragon de Paolo Uccello, ou la victoire de l'esprit sur la chair.

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Publié dans Romans

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