L'ordre et le chaos

Publié le par Eminescu

"Les sociétés occidentales sont dans une quête permanente et déstabilisante de nouvelles libertés, affranchissant les citoyens des liens de la religion et de la tradition, libérant mariage, divorce, sexe, et même le choix de mourir. Peut-être y a-t-il dans la séduction de l'islam radical une volonté inconsciente de se libérer du fardeau de la liberté?"

Voilà la vérité qu'avance du bout des lèvres un certain Alain Franchon, chroniqueur au Monde. Il a du mal à l'admettre et à tirer toutes les conséquences d'une idée qui lui est venue à la fin de son article.

Essayons de le faire à sa place.

Toute civilisation se développe sur la base de mythes fondateurs: la Théogonie d'Hésiode pour la Grèce antique, la Genèse pour les Hébreux, les Evangiles pour l'Occident avec, plus près de nous, l'Humanisme et les Lumières qui en sont issus. Dans ces mythes, la création, ou re-création du monde, est toujours une mise en ordre du chaos. A l'origine, les éléments sont mélangés ("la terre était vide et vague"). Une intelligence supérieure ou une série de divinités vont l'organiser afin que l'homme puisse y vivre. Il y aura en premier lieu le haut et le bas, Gaïa et Ouranos, et la hiérarchie qui en découle. Ce monde, un cosmos, est beau, harmonieux, et la vie, en son centre, y a un sens.

Pourquoi ce développement?

Simplement parce que l'Occident est entré dans un processus de retour au chaos. Les évolutions vigoureuses impulsées par le christianisme (idéal de justice, pardon, amour du prochain, et même de l'ennemi) prolongées par une phase politique (droits de l'homme, démocratie) sont en train de dégénérer en une surenchère absurde de revendications des individus.

Avec Adam et Eve, la Bible entérine, comme absolue, la différence des sexes. La théorie du genre la nie, nie même, et jusqu'aux limites de l'invraisemblance et du ridicule, les évidences anatomiques... L'homosexualité est condamnée par toutes les sociétés traditionnelles (même chez les Grecs de l'Antiquité, quoi qu'on en dise). C'est une union stérile et contre-nature. Nous marions les homosexuels et, quand bien même ils ne peuvent pas en avoir, nous leur procurons des enfants que des mères porteuses mettent au monde pour eux, mères africaines ou indiennes contraintes par la pauvreté à louer leur utérus, ce qui n'émeut nullement nos gauchistes. La cité où vit l'homme traditionnel, son temple, son peuple sont d'ordinaire au centre du monde, comme je l'ai montré dans un précédent article; on y trouve même un umbilicus mundi ou omphalos (nombril du monde). Depuis l'après-guerre, l'Occidental se doit d'être de nulle part. Il est citoyen du monde, comme se définit Clint Eastwood dans Sur la route de Madison. L'Occidental, et plus particulièrement le Français, se doit de cracher sur son propre pays, qui est responsable, bien plus que les autres, de tous les maux de la terre. Et les étrangers, qui se comportent sur notre sol comme des Barbares en terre conquise, ont bien des raisons de nous en vouloir et de passer à tabac - à dix contre un - de petits autochtones dont les ancêtres étaient de misérables paysans au temps de la colonisation.

Et l'islam dans tout ça?

Face à ce modernisme producteur de chaos, ce cancer de la civilisation, l'islam fait figure de contre-modèle. C'est une religion traditionnelle pure et dure qui propose à l'homme une vision du monde structurée. Elle est binaire. Il y a Dieu et l'homme, le pur et l'impur, le sacré et le profane. Le croyant s'y voit investi d'une mission. Du Dar al-Islam, pays des siens, il doit imposer sa religion, la seule vraie religion, au Dar al-Harb, terre de conquête. Car l'islam ne s'est propagé que par la force des armes, contrairement au christianisme. Les textes sacrés ne sont pas pour lui sujet aux innombrables arrangements qu'ont connu la Bible et la doctrine de l'Eglise. Il en fait une lecture littérale. Le monde musulman n'a jamais remis en question le Coran, jamais opéré un travail critique sur les textes. Pas de Lumières, pas d'anticléricalisme qui ait pris. Le Coran est sacré. Il conditionne la vie de ses adeptes, de leur croyance en un dieu unique jusqu'aux aliments dont ils doivent se nourrir, en passant par les jours où ils peuvent en manger. L'islam est un système totalitaire, s'il en est.

Cette religion rencontre un certain succès chez nos jeunes des banlieues, livrés à eux-mêmes, sans éducation, sans repères. Et ce d'autant plus qu'elle est pour eux une forme de révolte contre un pays qu'ils exècrent. Ou plutôt: qu'on leur a appris à exécrer.

C'est notre modernité folle qui génère l'islamisme. Voilà ce qu'a découvert avec effroi, sûrement, notre Alain Franchon, chroniqueur au Monde. Cette vérité, il ne pouvait que l'évoquer, la suggérer, certainement pas l'écrire.

HK & Les Saltimbanks, Citoyen du monde. Exemple type de la troisième manifestation du Diable. La chanson est entraînante, il faut bien le reconnaître. Ce sont pourtant ces idées d'artistes inconscients qui sont en train de nous perdre.

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