Château de la Loire: Jeanne d'Arc et les rassemblements nationalistes

Publié le par Eminescu

En cette période d'état d'urgence, les rassemblements en l'honneur de Jeanne d'Arc ont été compromis. Jean-Marie Le Pen, avec le courage qu'on lui connaît, n'a pas voulu céder aux islamistes, mais sa fille, Marine, a renoncé à cette grande manifestation frontiste pour des raisons de sécurité.

C'est avec du retard que j'écris sur cette "enfant qui menait son cheval vers le fleuve"; je ne vous régale pas moins d'un poème magnifique de Charles Péguy.

Jeanne d'Arc a cristallisé ce sursaut national qui a permis, au XVe siècle, de vaincre les Anglais à l'issue de l'interminable guerre de Cent Ans. Grâce à l'humble bergère de Domrémy, le roi de France, Charles VII, a pu être sacré à Reims. Elle sauve Orléans assiégé, électrise les troupes françaises à Jargeau, puis à Meung-sur-Loire. C'est grâce à son héroïsme que nous avons pu "bouter" l'occupant anglais hors de France.

Puisse-t-elle nous servir d'exemple! Français, qui que tu sois, jeune ou vieux, de Lille, de Nice, de Strasbourg ou de Nantes, tu as le droit d'être fier de ton pays. Ne te résigne pas, avec tous les traîtres d'aujourd'hui, aux invasions qui submergent la terre de tes aïeux.

Écoute ce beau chant d'un poète qui a bien voulu mourir pour sa patrie.

Le long du coteau courbe et des nobles vallées
Les châteaux sont semés comme des reposoirs,
Et dans la majesté des matins et des soirs
La Loire et ses vassaux s'en vont par ces allées.

Cent vingt châteaux lui font une suite courtoise,
Plus nombreux, plus nerveux, plus fins que des palais.
Ils ont nom Valençay, Saint-Aignan et Langeais,
Chenonceau et Chambord, Azay, le Lude, Amboise.

Et moi j'en connais un dans les châteaux de Loire
Qui s'élève plus haut que le château de Blois,
Plus haut que la terrasse où les derniers Valois
Regardaient le soleil se coucher dans sa gloire.


La moulure est plus fine et l'arceau plus léger.
La dentelle de pierre est plus dure et plus grave.
La décence et l'honneur et la mort qui s'y grave
Ont inscrit leur histoire au cœur de ce verger.

Et c'est le souvenir qu'a laissé sur ces bords
Une enfant qui menait son cheval vers le fleuve.
Son âme était récente et sa cotte était neuve.
Innocente elle allait vers le plus grand des sorts.

Car celle qui venait du pays tourangeau,
C'était la même enfant qui quelques jours plus tard,
Gouvernant d'un seul mot le rustre et le soudard,
Descendait devers Meung ou montait vers Jargeau.

Jeanne d'Arc, miniature du XVIe siècle.

Jeanne d'Arc, miniature du XVIe siècle.

Publié dans Poèmes

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