Frères Muslims (huitième épisode): Libérez les Syriens !

Publié le par Eminescu

Ils ont des balles, nous avons des mots.

Paru précédemment sur le blog d'Eminescu:

Frères Muslims (prologue)

Frères Muslims (premier épisode): L'appel de Wassil

Frères Muslims (deuxième épisode): L'échappée belle

Frères Muslims (troisième épisode): De l'ombre à la lumière

Frères Muslims (quatrième épisode): Un cauchemar

Frères Muslims (cinquième épisode): Révélations

Frères Muslims (sixième épisode): Petite altercation

Frères Muslims (septième épisode): Un lampadaire

AVERTISSEMENT : Cette histoire, aussi choquante qu'elle puisse paraître, est basée sur des faits réels. Ils ont eu lieu dans un train en partance de Lille en janvier de cette année. Qu'on veuille la voir ou non, qu'on l'édulcore ou qu'on la censure, la réalité reste ce qu'elle est.

Après avoir reçu l'appel de Bruxelles, Mohamed Al-Mansour rechercha dans ses contacts le numéro de Mélanie Collado. Il était onze heures du matin et, fort heureusement, la jeune prof de physique n'avait pas cours.

Il lui expliqua, en anglais, que son fils et deux de ses amis venaient d'être arrêtés en Belgique.

-A l'heure où je vous parle, il est toujours en détention. Nous avons échappé de peu aux hommes d'Assad (il lâcha un juron en arabe) alors que nombre de mes proches ont été capturés, puis détenus dans des conditions inhumaines. Savez-vous que ses bourreaux bâillonnent leurs victimes en leur enfonçant leurs parties génitales dans la gorge ? testicules et pénis compris ?

A l'autre bout du fil, Mélanie poussa un petit cri d'effroi.

-... J'ai pris tous les risques pour que ma famille échappe aux griffes de ces monstres. J'avais un fils de trois ans. Un beau petit garçon, madame, un ange. Nous avons traversé la mer Égée sur un minuscule bateau gonflable. Pendant des jours, nous n'avons vu autour de nous qu'une mer démontée, des montagnes d'eau qui menaçaient de nous engloutir à tout instant. Grâce à nos prières incessantes au grand Allaouah, nous avons enfin aperçu la côte grecque. Mais un voilier est venu à notre rencontre, il portait le pavillon d'Aube dorée. Les fascistes ! Les Nazis ! Passant à côté de notre pneumatique, ils l'ont retourné !

-Oh mon Dieu !

Ici, Mohamed s'arrêta, incapable de poursuivre.

-Quand je suis revenu à la surface, mon fils n'était plus là. J'ai crié au secours, j'ai nagé, j'ai replongé dans les flots et je l'ai vu, loin dans les profondeurs, qui me faisait au revoir de sa petite main blanche. Quelques bulles sont sorties de sa bouche, puis plus rien.

Mélanie repensa au corps du petit Aylan, échoué sur une plage turque ; elle ne put s'empêcher de joindre ses pleurs aux pleurs de Mohamed.

-... Nous avons encore connu le racisme des Serbes et des Autrichiens. Alors que je courais avec ma femme et mon dernier fils, une journaliste nous a fait des croche-pieds, les policiers nous ont rattrapés et nous avons été parqués dans la boue d'un camp, sans eau, sans électricité, avec quelques trous dans la terre pour faire nos besoins. Nous sommes parvenus à nous échapper, à gagner ces HLM insalubres, et voilà qu'on enferme mon fils de douze ans, le seul fils qu'il me reste, mon petit Naïm. Si la police ici est aussi dure avec nous que les tortionnaires d'Assad, où aller ? Qui acceptera de nous accueillir sans nous persécuter ?

Mohamed Al-Mansour fit entendre un halètement qui traduisait la souffrance la plus vive.

-Monsieur, lui répondit Mél, bouleversée. Nous allons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour libérer Naïm, mais aussi Jawad et Wassil. Nous vous les ramènerons. Je vous le promets.

L'homme retira le portable de sa forte moustache, redevint parfaitement impassible. Ses pleurs étaient feints. Les opposants persécutés, la mort de son plus jeune fils, l'agression fasciste, le racisme, il avait tout inventé.

Sur ses joues poussait une barbe plus drue que jamais.

Dans le collège où travaillaient Mél et son compagnon se fut aussitôt le branle-bas de combat. Les deux jeunes enseignants commandèrent à leur association des affiches et des tracts, passèrent dans les classes afin de sensibiliser élèves et enseignants. Tous les cours furent interrompus. On parla des massacres perpétrés en Syrie, du racisme et de la stigmatisation.

Aux alentours de trois heures, les affiches arrivèrent. On tapissa la baie vitrée du grand hall, si bien que le jour n'y entrait plus. « Libérez Jawad, Wassil et Naïm injustement détenus ! » On les voyait tous trois, au centre, tristes et amaigris.

Les associations pro-migrants du nord de la France firent appel à la vénérable Martine Aubry. Trois jeunes réfugiés étaient détenus de façon arbitraire dans les geôles de Belgique. C'était un scandale. La maire de Lille parvint à joindre les autorités belges mais, pour elles, l'affaire ne concernait pas la France, puisque l'arrestation avait eu lieu sur leur sol : elle relevait de leur juridiction.

Une manifestation fut prévue pour le lendemain. Quoique effarée par le coût de l'opération, la gestionnaire fit appel à une société de transport. A dix heures, on avait débarqué dans le centre de Lille les sept-cents élèves du collège.

Dans l'état fébrile où l'on était, personne ne se soucia du pauvre Rém's. Il n'était pas là pour faire l'appel dans la cour ou superviser les différentes classes à la descente des cars. Il restait cloué sur un lit d'hôpital avec des couilles grosses comme des coins.

Sur la Grand'Place, Mél, Frédo et leurs collégiens furent rejoints par des enseignants et des élèves d'autres établissements, mais aussi des hommes et femmes d'associations pro-migrants. Une foule bariolée, survoltée. Saïd profita de l'agitation pour enserrer une jeune fille qu'il lorgnait depuis quelque temps – elle portait un appareil dentaire. Elle ne voulut pas le masturber comme il le lui demandait, mais il put la peloter avant qu'elle ne lui échappe.

Bientôt le cortège s'ébranla. Une marée humaine traversa les principaux axes de la ville, charriant pancartes et banderoles, scandant des slogans contre la police et les autorités belges.

-Honte à la Belgique qui enferme les mineurs ! hurlait Frédo, et son mégaphone portait le message loin dans les boulevards.

Moins pacifistes, Toufik et ses potes de la veille se tinrent en marge du cortège. Ils avaient remonté capuches et foulards et entendaient venger leurs frères Muslims à leur manière. Français, Belges, c'étaient tout un pour eux. Deux peuples ennemis. Deux sociétés de merde qu'il fallait détruire. Quand le jour tomba, ils ne rentrèrent pas bien sagement avec leurs camarades, mais pillèrent et saccagèrent les échoppes du centre-ville. « Une révolte légitime » dirait plus tard Frédo, qui les comparait volontiers aux Sans-Culottes.

Le soir de la grande manifestation, il y eut une réunion de crise au siège du « Collectif pour les migrants », l'association de Mél et de Frédo, réunion que la vénérable Martine Aubry honora de sa présence. Elle s'était entretenue avec notre ambassadeur à Bruxelles. En vain. La Belgique ne voulait toujours pas rendre ses prisonniers. On décida donc d'apprêter un car.

-S'ils ne veulent pas nous les envoyer, nous irons les chercher par nous-mêmes ! entendit-on clamer.

Toufik sécha les cours le lendemain de la manifestation. Il était deux heures de l'après-midi et il n'était toujours pas levé. Un coup de fil de Frédo le tira du lit.

-Ton professour veut te parler, cria sa mère dans le HLM.

-Qu'est-ce qu'il me veut, le fils de pute !

Il prit le téléphone qu'on lui tendait.

-Désolé de te déranger, s'excusa Frédo, à l'autre bout du fil. Mais je sais que vous étiez proches avec Jawad, Naïm et Wassil. On part à Bruxelles demain. Je pensais que vous pourriez nous accompagner.

Toufik fit entendre des grommellements.

-... On a besoin de vous. On peut pas rester les bras croisés avec ce qu'il se passe. Tu dois motiver tous tes potes. C'est tous ensemble qu'on les fera plier. Sérieux, tu te sens prêt à partir ?

Mal réveillé, l'autre avait envie de traiter son prof de tous les noms, mais il se ravisa.

-Ouéch, m'sieur. Je vais appeler les autres. On vient.

-A demain... On va les tirer de là, OK ? On va les tirer de là.

°°°

Ce fut un car aux passagers assez hétéroclites qui quitta Lille en cette matinée de janvier.

Madame la maire, qui devait mener les négociations, avait pris place à l'avant, à côté des parents des petits syriens, femmes voilées et hommes en djellaba. Au milieu, les militants et, au fond, les collégiens.

Toufik demanda, par l'intermédiaire de Billel, à ce qu'on passe du rap pour ces potes emprisonnés. On ne pouvait pas le lui refuser, et l'on entendit bientôt des beuglements et des bruits de bouche qui firent trembler les vitres.

Nik, nik, nik la police ! Toutoutou... Nik, nik, nik la police !

-Pour les Syriens, cria Frédo, le poing levé.

Et la vénérable Martine Aubry se laissa aller à dodeliner de la tête tandis que Mohamed Al-Mansour se trémoussait dans sa djellaba.

La délégation s'agglutina bientôt devant le petit commissariat de Bruxelles. Martine enfila son écharpe de maire et s'en alla parlementer. On se mit à scander « Police partout, justice nulle part ! ». Attirés par l'agitation, des racailles de Molenbeek, quartier tout proche, se joignirent à Toufik et ses potes. Ce dernier se vanta auprès d'eux d'avoir saccagé le centre de Lille, mais il avait affaire à plus forts que lui : les Muslims de Molenbeek planquaient Abdelslam et projetaient ni plus ni moins d'instaurer la charia partout en Europe. Il en resta abasourdi.

Madame Aubry tardait à revenir, les esprits s'échauffèrent. Fort de ses alliés – ils étaient peut-être une centaine – Toufik voulait entrer pour « tout péter ». Ses professeurs tentèrent de le raisonner. Rien n'y faisait. Il fallut un cordon de CRS, appelé en catastrophe, pour retenir des « jeunes » prêts à en découdre.

« CRS-SS, CRS-SS » se mit à gronder la délégation.

Les discussions s'éternisaient. Tout semblait perdu. La police belge ne voulait pas relâcher les trois détenus. Qu'allaient-ils faire d'eux ? Les envoyer dans une prison pour mineurs ? On pouvait s'attendre à tout.

Des pierres, des pavés se mirent à pleuvoir sur les boucliers des CRS, puis des fumigènes et d'énormes pétards qu'apportèrent les racailles de Molenbek. Dans leur désespoir, les Muslims se préparaient à libérer leurs frères par la force.

Et puis, tout à coup, on vit sortir la vénérable Martine avec son écharpe de maire. Les échauffourées s'interrompirent. Mais pourquoi était-elle seule ? Où était les Syriens ?

-Les négociations ont été très longues, commença Madame Aubry. Ce que nous avons demandé va à l'encontre de la loi belge. J'ai dû m'entretenir avec le bourgmestre, puis, par téléphone, avec le roi en personne. A l'heure qu'il est, je puis vous l'annoncer, nos efforts viennent... de porter leurs fruits. Jawad Ibn-Hadj, Naïm Al-Mansour et Wassil Abdel-Malik sont libres !...

Elle fut interrompue par une explosion de vivats aussi soudaine qu'inespérée.

-... Mais... mais... il y a mieux. Pendant que je parlementais avec les autorités belges, j'ai reçu un appel de la préfecture. Messieurs Ibn-Hadj, Al Mansour et Abdel-Malik ainsi que leurs familles viennent d'être naturalisés français!

Nouvelle explosion de joie.

Alors les trois jeunes syriens, éprouvés par leurs quelques jours de détention, sortirent sous les applaudissements de la foule.

-Mon fés ! s'écria Mohamed Al-Mansour en courant prendre Naïm dans ses bras.

Ce furent alors de grandes embrassades, avec la famille, puis avec les amis.

-Respect, pour tout ce que vous avez fait, leur lança Toufik.

Entourée des Syriens qu'elle avait réussi à libérer, de leurs familles, la vénérable Martine Aubry prit la pose. Le moment fut immortalisé par les flashs des journalistes.

Elle les laissa enfin savourer leurs retrouvailles.

Quand ils furent entre eux, les Muslims, qu'ils fussent Syriens ou Maghrébins, de France ou de Belgique, éclatèrent de rire, au comble de l'allégresse.

-Ah, les cons ! On les a bien niqués !

Fin de la première saison

Been spending most their lives, living in the gangsta's paradise... Espérons que pour les ordures qui ont lâchement assassiné les nôtres, je veux parler des terroristes du 13 novembre, ce paradis des gangsters se révèle être les flammes de l'Enfer. Puissent-ils y trouver le châtiment qu'ils méritent pour le mal qu'ils ont fait.

Publié dans Nouvelles

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Jean-Mi 07/05/2016 00:28

bé nom d'un chien

Eminescu 07/05/2016 10:08

Attention, les Frères Muslims, c'est du lourd, du brutal, comme dirait l'autre. Je vous avais prévenu...