L'écorché vif

Publié le par Eminescu

Je profite d'un petit moment libre pour vous donner de mes nouvelles. Je suis en vacances en tant que prof, mais au travail, et plus que jamais, en tant qu'agriculteur. Difficile donc de publier des articles, même si l'actualité est toujours aussi inquiétante: une plage confisquée en Corse par des Maghrébins, polémique autour du burkini, incendies dans le midi (et les médias qui ne parlent que des JO de Rio). En septembre, je repartirai sur un bon rythme.

Mes journées à la ferme sont chargées, mais, o combien agréable. Si vous saviez à quel point il doux de fouler, de bon matin, les pâturages humides de rosée pour conduire son troupeau. Et l'on suit à flanc de colline un sentier sinueux... On respire le grand air, loin des quartiers occupés par les salafistes et les voyous, zones lugubres où, contrairement à nos ancêtres, qui ont embelli une nature déjà superbe, ces barbares détruisent tout ce que l'Etat leur donne - et il faudrait les plaindre!

De retour des champs, un peu avant la tombée de la nuit, je m'installe à mon bureau. Ma fenêtre est ouverte, j'entends le crissement des criquets et les parfums de la campagne affluent jusqu'à moi. L'inspiration est toujours au rendez-vous. Jamais je n'écris aussi bien en ville. Il manquera toujours au citadin ce frémissement qui fait la beauté des textes bucoliques de Virgile à Giono, en passant par Rousseau, assurément l'écrivain avec lequel j'ai le plus d'affinités.

Ainsi, je viens de terminer, et plus vite que prévu, mon dernier roman: Ne nous laissez pas seuls. J'y raconte l'histoire d'un professeur à la retraite qui retrouve la photo de classe d'un élève en fouillant dans ses cartons. Retour vingt ans en arrière. L'élève s'appelle Baptiste. Ses parents sont des originaux qui viennent d'acheter une ferme et comptent la restaurer. Le pauvre ado a des difficultés en classe et son professeur de français, le narrateur, n'est ni patient ni compréhensif. Il finira par s'en vouloir et regretter amèrement son orgueil et ses manquements. Ce roman est dur et violent, surtout dans les dialogues, mais je ne crois pas que l'on puisse faire de la bonne littérature avec de bons sentiments. La fin me paraît inattendue et particulièrement touchante.

Toujours est-il que je laisse reposer la belle - je veux dire mon roman - et que, la semaine prochaine, je le relirai avec du recul. Je pointerai du doigt les faiblesses et m'accorderai une semaine pour les reprendre. Espérons qu'il n'y en ait pas trop!

Par ailleurs, puisqu'on est au mois d'août et que je n'ai pas publié d'un certain temps, je vous régale d'un petit poème écrit il y a des années. Le voici. En vous embrassant tous, mes chers lecteurs.

L'écorché vif

La chair rouge et ses nerfs pâles que découvre l'épiderme, qui tombe, retroussé de la taille aux pieds. On n'ose toucher un corps ainsi meurtri. C'est qu'un ongle mal taillé percerait cette pellicule fine qui entoure les veines violettes; en jaillirait un sang épais de pu mêlé.

-Et ils m'ont donné aux jours brûlants le jaune espace des blés moissonnés, dans la nuit fiévreuse, le claquement des draps rêches!

Deuxième partie du jugement de Cambyse, diptyque de Gérard David

Deuxième partie du jugement de Cambyse, diptyque de Gérard David

Commenter cet article