La rage et la résignation

Publié le par Eminescu

Je viens de donner un petit coup de neuf à mes deux ebooks - j'ai même changé le titre de l'un d'eux. Puissance de la terre est devenu La rage et la résignation (n'hésitez pas à découvrir, grâce au lien, les changements sur ma page de présentation).

C'est beaucoup mieux.

Croyez-moi, il n'est pas toujours facile d'étiqueter une œuvre une fois le travail terminé. Un texte jaillit des tréfonds de la créativité avec ou sans titre. Parfois, l'affaire est réglée d'entrée de jeu: ce sera ceci ou cela. D'autres fois, les choses sont beaucoup plus compliquées. On se retrouve avec un beau bébé dans les bras et on se demande bien comment on va le nommer.

C'est ce qui m'est arrivé avec mon premier roman. Dans un premier temps, j'ai pensé au Grand Sahuc en référence au Grand Meaulnes, roman superbe, mais un peu lent, d'Alain-Fournier. Je l'ai abrégé en Sahuc, tout court, puis je me suis dit que ce simple nom - celui du héros - ne donnait pas un aperçu de l'histoire. De là, j'en suis arrivé à Puissance de la terre - La geste du Grand Sahuc. Dans le titre principal, on retrouve mon attachement au petit coin de campagne qui m'a vu naître, à mes valeurs un rien pétainistes (la terre qui ne ment pas), mais aussi aux forces souterraines qui gouvernent mes personnages et font avancer le récit.

Pour terminer, je me suis arrêté sur La rage et la résignation, qui résume bien le parcours du narrateur. Après tout, Sahuc n'est qu'une émanation de la rage qui l'habite et, au fond, cette rage est vaine. Quand elle l'a brûlé de l'intérieur, le narrateur n'est plus rien, si ce n'est une coquille vide. Il ne lui reste plus que la résignation.

Entre temps, son héros, réel ou pas, aura frappé un grand coup. Tout le sens de sa vie est là. Et, pour finir, je vous laisse goûter le plus beau des combats clandestins de Sahuc, combats auxquels fait référence la nouvelle couverture. N'hésitez pas à vous rendre sur la boutique Kindle où vous pourrez trouver un autre extrait (La rage et la résignation) ainsi que sur les articles dans la rubrique suivante : Romans.

Dans les bas-fonds de Berlin, Sahuc se mesura à un géant. Celui-ci le toisa, confiant en la prodigieuse musculature dans laquelle sa petite tête était enfoncée, et il se prit à sourire en voyant son adversaire, découvrant ses dents, toutes en or. Les narines dilatées, il lança ses poings qui fendirent l'air comme des boulets accrochés à une grue. Souple et alerte, Sahuc les évita en se baissant, une fois, deux fois, se redressa et déchargea sur sa gueule deux directs foudroyants. Le titan ne parut que stoppé dans son élan. Il s'arrêta, promena autour de lui des yeux hagards. Dans l'immense bunker, on n'entendit plus que son souffle rauque. Il fit un pas, comme pour lancer un nouvel assaut. Le sang, soudain, inonda ses dents en or, jaillit de son nez. Colosse inerte, il vacilla et s'effondra avec fracas.

Ceyte avait terminé son récit. Il était plus tard encore que lors de notre précédente veillée. J'avais les oreilles qui résonnaient et la tête pleine d'images d'une intensité extraordinaire. Je me tournai vers les armoiries que m'avait montrées Haond : le loup semblait s'en dégager, la gueule grande ouverte.

La rage et la résignation

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