Donald Trump président!

Publié le par Eminescu

Surprise, stupeur, sidération... Trump, président! Jamais je n'aurais pu l'imaginer tant j'avais de doutes sur sa capacités à assumer les fonctions présidentielles, tant les médias s'étaient ingéniés à nous expliquer qu'il perdait un à un tous ses soutiens et qu'Hillary Clinton allait l'emporter haut la main.

Qui sait où cet homme conduira l'Amérique? Pour nous, les conséquences seront-elles positives ou négatives? Qui vivra verra.

Mais quel homme!

Trump entre en politique il y a dix-huit mois. A la surprise générale, il remporte les primaires républicaines. Les élites de son pays, et des nôtres, sont scandalisées par ses outrances verbales. Toutes les chaînes de télévision l'éreintent à longueur d'antenne. On ne rapporte rien de son programme. On se concentre sur ses propos, ses frasques, des anecdotes racistes, misogynes, islamophobes. Les stars du cinéma et du showbiz se rangent aux côtés de son adversaire, tous comme les écrivains et les intellectuels. Ensemble, bras dessus bras dessous, Noirs, latinos, lesbiennes, travestis et homosexuels font corps derrière Hillary. Elle sera présidente. Après un Black, une femme. Le progrès, irrésistible, poursuit sa marche triomphale. Tous les instituts de sondage donnent Trump perdant. Dans son camp, les gros bonnets abandonnent le navire.

Lui? Il s'en fout. Il ne change pas d'un iota. Il continue d'électriser les foules et de tirer à boulets rouges sur la candidate du système.

Envers et contre tous, en dix-huit mois, ce type, qui n'a aucune expérience en politique, est à la tête de la première puissance mondiale.

Putain!

D'abord, il ne faut pas s'enflammer. Contrairement à ce que l'on dit au bistro, Trump n'est pas Hitler, pas plus dans ses idées que dans sa capacité d'action. L'Amérique de 2016 n'a rien à voir avec l'Allemagne de 33. Les institutions démocratiques y sont solides et Trump ne dispose pas, que je sache, de groupes paramilitaires dévoués à sa personne, comme les SA ou les SS. Aux Etats-Unis, tout ne se décide pas à la Maison Blanche; il aura, face à lui, des contre-pouvoirs puissants et bien installés. Bien vite, ce nouveau président devra se frotter à la réalité. Il sera difficile, et surtout coûteux, de construire un mur de séparation avec le Mexique, difficile de priver des millions d'Américains d'une couverture sociale en rayant, d'un trait de plume, l'Obamacare. Il faudra composer avec les forces de la finance. L'Amérique, rattrapée économiquement par la Chine, concurrencée militairement par la Russie, ne retrouvera pas sa prospérité et sa grandeur du jour au lendemain. Au contraire. Elle est en train de perdre son statut de superpuissance et nous entrons - c'est le cours des choses - dans un monde multipolaire.

Dans quelques mois, les électeurs de Trump seront certainement déçus.

Tout de même. Ces élections prouvent que les citoyens des périphéries, les "ploucs", les "beaufs", les pauvres types qui travaillent dur, loin des élites cultivés ou branchés de New-York ou de Californie, ceux dont on se fout, les paysans, les Blancs, qui ne peuvent qu'accepter leur sort - quand les Noirs ont le droit de tout casser, quand les Latinos sans papiers jouissent de la compassion des médias - ces hommes et femmes qui aiment leur famille et leur pays plus que le cosmopolitisme trompeur de la mondialisation - le peuple réel, éternel perdant, l'a emporté sur ses élites. .

La victoire de Trump donnera, à n'en pas douter, des idées à nos compatriotes. "Non, disent les Américains, il n'y a pas que les candidats du système qui peuvent être élus. Pas de fatalité en la matière. Les urnes vous donnent l'opportunité de leur flanquer le coup de pied au cul qu'ils méritent."

On sent enfin qu'une ère prend fin, celle de la mondialisation heureuse qui s'est ouverte avec la chute du mur de Berlin, car Trump est le candidat du protectionisme, de l'isolationisme. En un peu plus de vingt-cinq ans, nous avons vu les dégâts causés par l'ouverture des frontières: délocalisation, désindustrialisation, immigration de masse. Dans cette affaire, nos élites n'ont eu pour perspective que des profits à courts termes, quand elles ne cherchent pas, délibérément, à nous noyer sous des flots de migrants. Cette ouverture des frontières ne nous a pas enrichis; elle nous a affaiblis, divisés. Nos entreprises sont parties et une population étrangère, une religion des plus dangereuses se développent et nous menacent sur notre propre sol.

Trump est le signe d'une tendance lourde, le retour des frontières et des peuples, contre une immigration incontrôlée et un libre-échange qui ne nous a guère profité. Voici venir le temps du patriotisme économique. Un renouveau national et spirituel, sur le modèle russe, n'est peut-être pas loin.

On peut se prendre à espérer.

*Et puis un peu d'humour avec la dernière vidéo de Dieudonné, un Dieudonné pour le moins inspiré.

Dieudonné: Félicitations Donald Trump!

Publié dans Actualité

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