Sylvain Tesson à propos de l'islam

Publié le par Eminescu

Dans son Eloge de l'énergie vagabonde (parue en 2007), l'écrivain voyageur Sylvain Tesson relate son périple, à pieds et surtout à vélo, de la mer d'Aral à la côte sud de la Turquie, et ce en traversant les steppes de l'Oustiourt, entre mer d'Aral et mer Caspienne, puis en suivant l'oléoduc BTC (Bakou-Tbilissi-Ceyhan). Voici les réflexions - à la fois évidentes et profondes - que lui inspire sa découverte des terres islamiques - il vient d'entrer en Turquie.

Les pays musulmans n'ont pas vécu le tournant de la Révolution industrielle. Au XIXe siècle, lorsque les usines crachaient leur fumée à Liverpool, les petits ânes de Médine continuaient à charrier les fagots sur leur dos. En 1848, les peuples de l'umma n'ont pas connu leur Printemps ni la vague de constitution des Etats-nations. En 1919, aucun pays mahométan n'était indépendant. Pas plus qu'à l'essor économique de l'après-guerre ils n'ont pris part à l'aventure technologique, spatiale ou à la révolution biogénétique de la seconde moitié du XXe siècle. Ils ont laissé le terrain de l'innovation aux autres. A l'aube du XXIe siècle, l'Asie du Sud-Est, la Chine, l'Inde connaissent le succès sur le front du développement. La plus grande richesse des peuples du croissant, le souvenir d'une gloire ancienne, au temps du califat.

Ce constat d'échec face au reste du monde, le sentiment de ne pas participer au destin de la planète, d'avoir raté les coches, est humiliant. Mais un don du ciel adoucit la morsure de la frustration: 70% des ressources pétrolières de la planète se situent dans le sous-sol des Etat musulmans. L'exploitation des huiles - affront ultime - est entièrement assurée par des techniques occidentales!

Les peuples de l'Islam tiennent donc l'Occident dans un état de dépendance énergétique qui ne s'appuie ni sur le génie propre, la force militaire, l'habileté politique ou le rayonnement culturel mais sur les hasard de la géologie qui ont tendu les nappes d'hydrocarbures.

L'islamisme lave les vexations. Il offre l'occasion d'affirmer malgré tout la grandeur perdue. Par la terreur, à défaut d'autres moyens. Inventivité, labeur sont des boutoirs pour abattre les murailles. Quand on ne les possède pas, restent les bombes. Mais un nuage flotte sur l'avenir radieux des fous d'Allah. Le fondamentalisme s'appuie sur la prospérité pétrolière: la lèpre verte se nourrit de l'or noir. Le pétrole coule, les minarets poussent. Sans pétrodollars, les organisations jihadiques faiblissent. Or les réserves s'épuisent tandis que les taux de natalité explosent: l'umma est déjà riche d'un milliard trois cent millions d'individus. Ceux qui veulent conquérir le monde doivent donc aller vite. L'oil peak qui verra décliner les ressources d'huile sonnera peut-être en même temps l'islamic peak.

Et une vidéo d'Aldo Sterone en complément de ce qui a été dit un peu plus haut. Tout cela se passe de commentaires.

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