Excursion à Grignan (I)

Publié le par Eminescu

J'ai passé quelques jours dans le nord de la Drôme, peu après Noël. C'est un vieil ami qui m'a appelé, il y a quelque temps. « Salut, tu te souviens de moi ?... Qu'est-ce que tu deviens ? » Évidemment que je me souvenais de ce bon copain de fac et, si nous nous étions perdus de vue, je pouvais lui assurer que les années que nous avions passées à Aix-en-Provence faisaient partie de mes meilleurs souvenirs. Nous nous sommes retrouvés, donc, dans un vieux mas qu'il a entièrement rénové. Un feu de cheminée, du whisky et des cigarettes. Nous avons parlé de nos études, de notre travail, puis, à cœur ouvert, de nos petites vies sentimentales. Séparé pour l'un, malheureux en couple pour l'autre, je ne sais pas si nos existences sont réussies, mais nous en avons dressé un bilan à mi-parcours, heureux de nos retrouvailles, grisés par l'alcool et le tabac.

 

Durant ce petit séjour, mon ami a dû se rendre à un repas de famille ; aussi, j'ai profité de la journée pour faire une excursion à Grignan, plus au sud, dans la Drôme provençale.

 

En voici un récit, agrémenté des réflexions que ces lieux remarquables m'ont inspiré.

 

 

L'après-midi est si ensoleillée qu'on a bien du mal à se sentir en hiver. « Il n'y a plus de saison », diraient les anciens. « Réchauffement climatique » précisent les écolos. Quoiqu'il en soit, la lumière et si vive, que je m'empare de mes lunettes de soleil. Autoroute A7, Valence. Un arrêt pour boire un café et faire la pression de mes pneus.

 

Je parcours bientôt de vastes étendues planes, avec les Préalpes pour toiles de fond – le midi en plus vert, plus boisé. Des champs de lavande. Enfin, une éminence bordée de maisons aux tuiles de terre cuite et surmontée d'un château aux larges baies vitrées, sur une haute terrasse.

 

M'y voilà. Je gare ma Logan sur une place bordée de platanes, à côté de voitures de luxe.

 

Je passe d'abord près d'un lavoir de forme arrondi, entouré de colonnes, qui imite, à ce que je lis sur un panneau, le petit Trianon. Je découvre un peu plus loin la « tour du beffroi » surmontée d'un étrange clocher plutôt baroque. L'hôtel de ville, néo-classique, ne jure pas avec le reste du village et n'a rien du style pompeux qu'a parfois le XIXe siècle.

 

Je m'achemine vers le château, achète un billet. Je découvre bientôt une façade superbe, de style Renaissance, avec de grandes fenêtres à meneaux ; la cour donne de l'autre côté sur des étendues majestueuses que viennent clore les Préalpes, et le Mont Ventoux. Le château des Adhémar et le Mont Ventoux... Je ne puis m'empêcher de méditer sur la perspective. En plus de donner accès au divin, la montagne est symbole de pouvoir. C'est le mont Sinaï des Hébreux, l'Olympe des dieux grecs. Point de fuite vers le divin et les réalités supérieures et irréfutables. Pendant des siècles, une famille s'est imposée à Grignan et a emprunté un peu de sa majesté, par l'orientation de cette cour, au Géant de Provence.

 

Revenant à moi, je me vois entouré d'un groupe de personnes entre deux âges qui participent eux aussi à la visite. Des gens friqués. Une dame aux cheveux courts, teints en noir, aussi grande que moi, enlace un homme chauve. Un autre, frisé, se fait remarquer par des plaisanteries grivoises - ils sont quatre ou cinq à se connaître. Un petit monsieur à part, qui pue l'alcool.

 

Voilà notre guide. Nous la suivons dans une salle moyenâgeuse, nous asseyons autour d'une grande cheminée. La petite dame, avec un accent très provençal, fait revivre devant nous l'histoire des lieux...

Le mont Ventoux ou Géant de Provence, dont Pétrarque fit l'ascension en avril 1336. Lisez le récit qu'il en fait et sa descripion merveilleuse du panorama que l'on découvre à son sommet.

Le mont Ventoux ou Géant de Provence, dont Pétrarque fit l'ascension en avril 1336. Lisez le récit qu'il en fait et sa descripion merveilleuse du panorama que l'on découvre à son sommet.

Publié dans Histoire

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