Résultats du premier tour: Macron président... Jamais!

Publié le par Eminescu

En ces journées très froides d'avril, je travaille sur un roman de Fantasy dont je vous livrerai bientôt quelques extraits. L'écriture est un travail pénible, exigeant, qui tour à tour m'exalte et me déprime. Entre deux pages griffonnées au stylo Bic, à midi ou à 20 heures, je suis à la télé les présidentielles.

La soirée de dimanche m'a laissé quelques relents d'amertume. Je ne puis le cacher. 

Oui, il est jubilatoire de découvrir Marine en tête - et comme j'ai craint que les estimations évoluent et que Fillon, ou pire, Mélenchon, prenne la seconde place! Jubilatoire encore un Hamon à 6%. Et avec lui les mammouths, les diplodocus des années 80, ces gauchos mitterrandiens qui ont livré la France aux étrangers. Remisé au placard le PS, à côté du PC, dans la déchetterie de l'histoire.

Mais le Front National n'est pas arrivé en tête. Pas de score à 27 ou 28% qui pourrait lancer une dynamique.

Le grand gagnant de dimanche, c'est Macron. Un 21 avril à l'envers! Coup de maître du système, il faut bien le reconnaître. Nous avions chassé les Valls, Juppé et Sarkozy; ils reviendront, eux ou leurs comparses, par la petite porte, dans un grand gouvernement d'unité nationale. Nous n'en voulions plus aucun, nous les aurons tous. Un 21 avril à l'envers! Et la classe politique française est sauvée.

Les banquiers et les patrons du Cac 40 se frottent les mains. Fort de sa légitimité, et d'une avance confortable au second tour, leur candidat aura les coudées franches: il mettra en place les mesures libérales qu'ils appellent de leurs voeux. Dissipés la menace d'un Frexit, la sortie de l'Euro, le rétablissement des frontières. "En Marche!" Rien ne doit arrêter les partisans du mondialisme. Les nations, cultures et identité seront balayés. Ne restera plus que la loi du marché, un marché sans entraves.

Et tant pis pour ceux qui resteront au bord du chemin. Les Français de la périphérie, comme dirait Christophe Guilluy.

Ouvriers, agriculteurs, retraités... Ce type-là va vous en mettre plein la gueule, et sans l'ombre d'un remords. Souvenez-vous, en mai dernier, dans l'Hérault: "La meilleure façon de se payer un costard, c'est de travailler". Vous avez aimé Sarkozy? Bis repetita placent. Vous aurez le même, sans la vitrine sécuritaire ou le patriotisme de façade. Fini les simagrées et les gesticulations. Macron ira droit au but. Il a pour modèle Tony Blair, pour idéal le libéralisme anglo-saxon. Il fera de la France une autre Angleterre.

Quelle satisfaction pour nos médias! Quel soulagement! Ces derniers mois, ils ont craint un phénomène Trump. Les peuples deviennent de plus en plus imprévisibles. Les vilains beaufs, machos et racistes, que nous sommes n'écoutent plus le prêche cathodique... Ce coup-ci, cependant, rien ne devrait empêcher le petit chouchou d'assumer la fonction suprême. On respire un peu mieux. Et on fait déjà des pronostics sur les postes à pourvoir. Le vote du second tour ne compte pas.

Oh! Il y a bien les sans-dents de Whirlpool, qui font des histoires. Leur usine s'en va en Pologne, et ils osent huer Macron et acclamer Marine. Un petit coup de diabolisation sur le thème de la shoah. Rien de tel. Zyclon B, Jean-Marie Le Pen, la bête immonde et la menace fasciste. Et les électeurs rentrent dans le rang.

Entendez leurs rires sardoniques. Une fois de plus ils vous ont bernés.

Quoique... Vous n'avez pas encore voté.

Parce qu'en définitive, c'est à vous qu'il revient de porter l'un ou l'autre candidat à la tête de l'Etat. Il ne faudrait pas l'oublier. Macron part largement favori - il a l'appui de la classe politique, des banques et des médias. Mais vous pouvez accorder vos suffrages à Marine.

Jacques Attali, le mondialiste qui a lancé Macron. Pour lui, le sort des salariés de Whirlpool relève de "l'anecdote".

Jacques Attali, le mondialiste qui a lancé Macron. Pour lui, le sort des salariés de Whirlpool relève de "l'anecdote".

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