Education nationale de They

Publié le par Eminescu

Comme j'ai pu l'expliquer déjà, je publie ces derniers temps sur différents sites, comme Wattpad et Atramenta. J'y découvre beaucoup de belles choses. Et parmi les auteurs qu'il m'arrive de lire, je voudrais vous présenter un certain They, dont le texte m'a beaucoup touché.
 
Dans Education nationale - un titre qui n'est pas des plus heureux, il faut le reconnaître - Stéphane, un jeune enseignant, regarde ses élèves plancher sur un contrôle. Silence. Instant de grâce. Il savoure ce moment où il a l'impression que son travail sert à quelque chose. Moment de courte durée, car il doit faire cours, l'heure suivante, à une classe beaucoup plus turbulente.
 
Le style de ce premier chapitre est très fluide et ses analyses d'une grande justesse. Surtout, They pointe du doigt - incidemment - le problème majeur dans l'Education nationale: ses talents que l'on brise à cause du laxisme ambiant. Le commentaire de son personnage sur Flaubert a été remarqué à l'université, et il se retrouve dans une banlieue difficile à supporter le brouhaha d'une salle de classe.
 
Problème majeur, dis-je, dans un métier plus difficile qu'on croit.
 
Quand on est prof, on passe par toute la palette des sentiments. On est tour à tour enthousiasmé, abattu, émerveillé, comblé et fou de rage. On s'épuise à demander à des ados mal élevés de se taire. On met au point des stratégies toutes plus complexes les unes que les autres pour se sortir de situations de crise, régler des conflits qui renaissent sans arrêt. On se voit vieillir devant des générations d'élèves toujours jeunes.
 
On s'éreinte à hisser à la cime d'une montagne le rocher de Sisyphe.
 
Et, quand votre femme vous a quitté, quand on ne voit plus ses enfants, que l'on est seul, dépressif ou alcoolique, on se demande bien pourquoi on s'acharne à faire un travail aussi ingrat. On rentre de cours, l'hiver, dans la nuit, avec les oreilles qui résonnent encore. Adieu alors aux grands auteurs qui ont fait vos délices quand vous étiez étudiant. On a à peine assez d'énergie pour regarder les sottises qui passent à la télé.
 
Lisez en tout cas ce très beau texte de They et priez-le d'en écrire la suite. Je crois qu'il vaut vraiment la peine d'être lu.
They sur le site Atramenta

They sur le site Atramenta

Publié dans Littérature

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article