Sarkozy... mais qui est-il vraiment?

Publié le par Eminescu

sarko_portrait.jpgA moins de vingt-quatre heures du second tour, tous les sondages le donnent gagnant. Maire de Neuilly, ministre du budget sous Balladur, président de l'UMP, ministre de l'Intérieur o combien remarqué, craint, haï ou adulé, à cinquante deux ans seulement, Monsieur Sarkozy est en passe de devenir président de la République. Ce sera pour lui la concrétisation de toute une carrière. Parcours sans faute. Après l'oral du débat télévisé, il n'a plus qu'à attendre le plébiscite des urnes. Alors, petit prodige à l'ambition démesurée, démagogue inquiétant, fasciste, néo-nazi?

Qui est vraiment Sarkosy?

PhotoLe philosophe hédoniste l'a rencontré il y a quelques mois, Place Beauvau. C'était dans le cadre d'une rencontre-débat organisé par le magazine "Philosophie", qui ne faisait pas ses choux gras de la dialectique de Hegel ou du tribunal de la conscience de Kant. L'auteur du "Petit traité de pétologie" avait amené avec lui quelques unes de ses lectures de chevet -il comptait les offrir au candidat- : "La débauche libertine", "La Partouze dans l'Antiquité" et une "Histoire de la blagologie de gauche". Quelle impertinence!

Une masse compacte de policier le laissa passer non sans l'avoir fouillé, déshabillé et vérifié qu'il ne cachait pas un révolver dans son anus. Une porte lourde et sombre s'ouvrit d'elle même. Il se dit tout d'abord surpris en entrant du froid qui régnait dans le bâtiment, "un froid qui vous prenait au corps". Il attendit dans une pièce proche du bureau de Monsieur Sarkozy. Sur les murs, des tableaux divers. Il lui sembla, dans la pénombre, voir les visages s'animer, loucher, lui prodiguer des sourires malsains.

sarkozyIl entendit un rire sarcastique s'élever dans la pièce d'à côté, un rire inextinguible, dont les modulations diaboliques firent se dresser ses cheveux sur sa tête. La porte s'ouvrit d'elle-même : l'homme apparut. "Il est extrêment petit, nous dit le philosophe, le visage d'une pâleur cadavérique; ses cheveux noirs dressés sur le côté du crâne lui font des cornes; ses yeux cernés vous fixent si intensément qu'ils vous mettent mal-à-l'aise... Son sourire découvre des canines particulièrement pointues." Monsieur Onfray prit la main qui lui était tendue et qui lui broya les cartilages. Comment un homme si petit peut-il avoir une telle force?

-Mais entrez donc, Monsieur Onfray... je vous attendais...

Le philosophe avança, tout intimidé, prit place face au bureau de l'Ancien ministre de l'Intérieur. Il lui sembla entrer dans une chambre froide. Les murs dégoulinaient d'humidité, le plafond, extraordinairement haut, voûté comme la nef d'une église gothique, était couvert de moulures étranges, des loups, des diablotins qui piquaient les damnés de leur fourche.

-Pourquoi claquez-vous des dents? Voyez comme il fait beau au-dehors!

Le petit homme tira un rideau derrière lui.

A quel moment avait-il grimpé autant d'étage? Quand était-il entré dans un ascenseur? Comme s'il se trouvait à la cime des tours de Notre-Dame, le philosophe avait une vue imprenable sur la capitale. Mais il ne voyait plus la ville qu'il avait laissée en partant de chez lui, toute fleurie sous la brise printannière: la pluie tombait sur des ruines et éteignait avec peine les immeubles en flammes. Vision d'horreur!

Sarkosy, en tirant à nouveau le rideau, replongea la pièce dans la pénombre. Il était furieux de ce que le philosophe avait publié dans son blog, des propos qui le diffamaient pour mieux valoriser le candidat de la Confédération paysanne. Il crâcha son venin avec dans la voix le sifflement affreux du serpent qui darde vers vous sa langue fourchue. "Il cherchait à me mordre. Il promit de me ramener sous son aile d'une manière ou d'une autre, ce qui, si ce n'était la pièce et l'éclat de ses yeux, m'aurait bien fait rire." Puis il s'apaisa.

-Pensez-vous que l'homme naisse bon ou mauvais, Monsieur Onfray?

Le philosophe rajusta ses lunettes.

-Ben, c'est-à-dire que, nous, les hédonistes, on croit qu'il est né pour le plaisir charnel. Quand il parvient à un double orgasme, qu'il connaît un pannel varié de positions obscènes, il atteint alors le but de son existence.

Légende Photo

-Peut-il être pédophile, car on peut prendre du plaisir avec un enfant?

-C'est une question que l'on s'est posé en Mai 68. On voulait les aider à s'éveiller au plaisir en leur montrant des revues pornos, mais on s'est un peu calmé avec l'affaire Dutrou. Je crois qu'on peut que si l'enfant ou l'adolescent y consent.

-Pourquoi les adolescents se suicident-ils, alors qu'ils devraient être heureux? Pourquoi... la mort?

Le mot "mort" fut prononcé avec un éclat de voix qui mêlait la violence du tonnerre et de l'incendie.

-Oh, euh, ah... ça, c'est super malheureux, on n'a pas trouvé de solution avec les hédos, faudrait peut-être un cachet pour plus vieillir, le Botox de Ségolène... non, non, pas Ségolène, j'ai pas dit Ségolène... Quand on est mort, adieu les positions obscènes et les parties fines... Pour le suicide, je crois que c'est des ados qui ont pas découvert le plaisir...

-Peut-être quelque chose qui fait partie de leur nature, à l'intérieur d'eux, comme ce quelque chose qui détermine la sexualité des pédophiles...

-Ah non, l'homme est conditionné par son milieu. Il n'est rien par nature: tout ce qui compte, c'est son comportement au pieu.

-Je suis persuadé, Monsieur le philosophe, que la pédophilie et le suicide des adolescents sont liés à leurs gènes. Les gènes dictent nos actes. Ah! Ah!...

Monsieur Sarkozy se leva de son bureau et arpenta la pièce de long en large. Il était dans un état de nervosité qui lui faisait branler du chef de droite et de gauche.

-... Voyez-vous tout au long de l'histoire le travail du sang chez les individus? Toutes les races ont cherché quelque chose sans s'en rendre compte. Toutes! Les blancs ont organisé le monde, ont créé des richesses. Serait-ce leur milieu? Ces terres froides et tristes comme la mort... Non, ils se sont élevés par la pureté du sang, ils ont produit les Bouygues, les Lagardères, qui aujourd'hui dominent la France, les Bill Gate, les George W. Bush qui ont étendu leur griffes sur le monde entier. Gna ha ha! Les races inférieures ne savent pas jouir de la prospérité, elles ne savent ce que c'est de froisser un tas de billet, de tâter des lingots d'or! Ils jalousent le bonheur qu'ils ne peuvent Photo : ump-armee-des-morts-2-bast64.jpgatteindre. Et ils brûlent et ils cassent. La vermine! Nous les parquerons comme du bétail, nous... Mais me connaissez-vous, monsieur le philosophe? Savez-vous l'histoire surprenante de ma lignée qui plongent ses racines dans la nuit des temps?... Ma lignée? Mais ce n'est qu'un seul homme! J'étais le Huns Attila qui sema la terreur des steppes d'Asie jusqu'aux eaux de la Méditerrannée. J'étais le chefs des Hongrois, parti de l'Oural, traversant les plaines de Russie comme un ouragan pour ravager l'Empire Carolingiens. Je devins immense, d'une cruauté sans bornes avec les petits enfants, j'ai laissé dans les mémoires le souvenir de l'Ogre qui les faisait cuire pour les dévorer. J'étais dans les monts brumeux, immenses et désolés des Carpathes, le comte Dracula, dans sa cape noire, son aile vaste de chauve-souris. J'ai empalé sous les murs de mon manoir l'envahisseur Turc, j'ai enfermé dans les oubliettes, des sous-sols abyssaux, ceux qui se mettaient en travers de ma route, et leur angoisse s'élève encore dans les profondeurs oubliés. J'étais le petit bonhomme rouge, affreux, qui annonçait aux Tuileries la mort des rois, annonça le sacre de Napoléon, qui rétablit l'esclavage et mit l'Europe à feu et à sang. Encore un siècle. Je pris corps en Hitler, une mèche de cheveux tomba sur mon oeil gauche, une moustache recouvrit ma lèvre supérieure et j'hurlais la haine des races inférieures. De mon nid d'aigle, à Baden-Baden, je lançais les Panzers à la conquête du monde. Staline m'a vaincu. J'ai fui les chars de l'armée rouge qui envahissaient la Hongrie et me réfugiai en France où j'ai refait mes forces. J'ai eu pour ami Charles Pasqua, qui m'a aidé à croître, puis Bouygue et Arnault, j'ai été ministre du Budget. Chirac (maudit soit-il jusqu'à la quatrième génération!) m'a écarté du pouvoir... le pouvoir! Je suis revenu comme ministre de l'Intérieur. A moi la police, les services de renseignement. Président de l'UMP, candidat à la présidentielle. Je triompherai au premier et au second tour. Nul ne résiste à mon charme diabolique: Cécilia a voulu m'échapper, elle est revenue; Chirac m'a rappelé ; Bernadette me fait les yeux doux; Jaurès et Doc Gynéco, Johny Halliday et le Front populaire sont avec moi... tous les Français de tous les temps, de tous les milieux, de toutes les listes électorales!

Sous les yeux du philosophe, le présidentiable se mit à grandir jusqu'à toucher le plafond extraordinairement élevé, une cape comme une aile immense de chauve-souris retomba à ses pieds. 

-Leur soutien fait ma force. Encore quelques jours et les Français m'éliront, Bayrou retournera à Banière de Bigore, Ségolène se fera vendeuse de Chabichou. Les Français chercheront refuge sous mon aile. Venez, venez à moi!

Pic26500_2Les livres d'Onfray,  "La débauche libertine", "La Partouze dans l'Antiquité" et une "Histoire de la blagologie de gauche" prirent feu. Dans un formidable coup de vent, la fenêtre s'ouvrit, déchirant le rideau, et les immeubles de la capitales gris de bruines, les rues sombres bondées de rang de soldats en uniformes noirs, main tendue. Heil!...Heil!... Sieg Heil!

Je m'acoquine le monde de la finance et de la justice, je mets définitivement la main sur les médiats, je m'en vais trouver Bush et demain... demain, je dominerai le monde... Ah! Ah!

Il partit alors d'un éclat de rire sardonique qui emplit la pièce tel un roulement de tonnerre, et sembla résonner loin, loin sur les immeubles de la capitale, jusqu'à l'horizon indécis.

Le philosophe, encore sous le choc, a confié cette rencontre à France Plus. Par la suite, il eut un comportement étrange: il retourna au bureau de Monsieur Sarkozy pour prendre le petit déjeuner et les deux hommes échangèrent pendant plusieurs heures toutes sortes de politesses - ce sont les propos que rapportent Philo Mag. Monsieur Onfray n'a plus jamais médit du candidat. Nous savons même de sources sûres qu'il a voté "Sarkosy" au premier tour.

Il a deux petites cicatrices dans le cou.

 

 

Publié dans Nouvelles drolatiques

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

Mamat 07/05/2007 19:09

Excellent et c'est pas loin d'être vrai. Ché pas trop qui ces ce Onfray, mais ça doit trop être un blaireu. Encore un collabo. Ecris en d'autres des histoires comme ça. C'est bien délirant.

Eminescu 07/05/2007 19:26

On verra mon vieux. A présent, c'est fait, il a le pouvoir. Mais il assume son rôle, c'est pas lui qui m'énerve. C'est Onfray qui échange des mondanités avec Sarkozy et fait le révoltés par la suite. C'est un petit  courtisan qui flatte la LCR, puis flaire un coup médiatique avec Bové. Non, sa sagesse consiste à faire parler de lui le plus possible et avec n'importe quoi. Il a de petites idées de bourgeois occidental, qui joue la révolte, mais ne pense qu'à son petit derrière. Eminescu.