L’affreuse bestiole

Publié le par Eminescu

 

 

 

 

La nuit aux cauchemars mouvants. La bâtisse et les ronces desséchées ; flotte une lumière grise. Une morsure à l’estomac fait accélérer le pas. Un grognement dans la gorge. La demeure délabrée, souterrain dégoûtant. La puanteur affriolante est montée tandis que s’abattent les ténèbres. Le cœur martèle les tempes, les flancs de se heurter aux parois ; les membres se sentent une vigueur nouvelle. Virage soudain, course échevelée. Un fil rongé et pendoulinant, une lampe glauque qui grossit. Au-dessous, la créature gît dans sa paille excrémentielle, soyeuse comme une araignée, crâne à la toison de porc, les yeux éteints du trop peu de jour. Ses dents noires et ébréchées inondées d’une salive ignoble. 

Il émet le sifflement d’un rat qu’un gros matou aurait acculé au fond d’une cave.

Publié dans Nouvelles quotidiennes

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