Quelques lectures

Publié le par Eminescu

J'avais mal aux yeux aujourd'hui. J'avais l'impression d'avoir comme une poussière dans l'oeil droit et une pellicule fine sur la cornée qui m'empêchait de bien voir. Il faut dire aussi que la grisaille me pèse. Bref, je n'étais pas dans un de ces états qui nous permettent de plonger dans la fiction avec délice. Et pourtant j'ai fait connaissance avec des auteurs du Moyen-Âge à partir d'un volume de la pléiade que j'avais découvert il y a quatre ans déjà. C'était dans une petite bibliothèque de Paris qui ressemble à celle de Saint Etienne où je me rends à présent. La lecture du Roman de la rose de Guillaume de Loris m'a marqué durablement; c'est ce long poème précieux, coloré, printannier, qui ma fait aimer la littérature médiévale.

J'ai pu parcourir tout d'abord Le Charroi de Nîmes, une épopée un peu gaillarde avec un héros qui n'en est pas un. J'ai lu quelques poèmes des troubadours, poèmes sur l'amour et les fleurs, la Complainte de Rutebeuf (des sentiments sincères et une douleur profonde et authentique) et pour terminer La belle Dame sans merci d'Alain Chartier. Je veux bien m'arrêter un instant sur ce chef-d'oeuvre. Le poème commence sur la tristesse du narrateur qui vient de perdre son épouse. Il se rend à une fête et, en s'asseyant derrière une treille, il surprend la conversation de deux jeunes gens. Le dialogue est peut-être un peu long pour nous, modernes, mais chaque strophe est un véritable délice. Les rimes croisées se développe comme autant de mélodies indépendantes qui se font écho. Le poème se temine enfin sur une chute pessimiste d'une grande puissance.
Ces poètes du Moyen-Âge, c'était un moment que je prenais pour moi avant d'aborder le gros de mon travail. Comme d'habitude, j'y suis resté plus de temps que prévu. On ne se refait pas. Je voulais rédiger un court article sur Jourde et Naulleau. Je n'ai pas trouvé les ouvrages qui m'intéressaient. Aussi je me suis rabattu sur la référence de Jourde, à savoir Richard Millet. J'avais déjà entendu parler de cet auteur lors d'une signature en librairie d'Alice Ferney; elle vantait son style. J'ai lu peu après le Renard dans le nom. Ce n'est pas un roman qui m'a transcendé. J'aime les auteurs comme Bossuet qui usent de longues périodes et celles de Millet n'avaient pas, me sembla-t-il, de force. C'est la même analyse que j'ai pu faire aujourd'hui. Je le trouve trop lent, trop mou. Et je peux passer ainsi au fond, car il se complaît dans les regrets et la mélancolie en s'attardant sur une odeur, de petits excursus, plusieurs pages durant. C'est du Proust sans le raffinement exquis de la prose. Il est un peu réac, ce qui en fait un auteur à part, et ce n'est pas pour me déplaire. Il aime à répéter que la grande littérature est morte et qu'il est le dernier des grands écrivains de notre langue. Il se veut un peu moderne pourtant en parlant de sexualité: cunilingus et fellation (histoire de ménager quelques montées d'hormones, ça marche toujours). Il a su faire quand même de son village de Corrèze, Siom, un village de légende, un peu comme le Macondo de Garcia Marquez. Il a construit sur ce lieu une mythologie personnelle. Je n'ai fait que survoler trois de ces livres et je dois dire que je n'ai guère envie de passer à une lecture approfondie. 
 Il devait me rester un quart d'heure que j'ai consacré à quelques livres de science. Je philosophe en ce moment, que voulez-vous, et je m'éloigne de l'écriture pour découvrir les contrées inexplorées de la méditation. J'ai mieux compris grâce à des explications sur Rieman et Lobatchevski (je ne suis pas sûr de l'orthographe) la relativité des mathématiques mêmes. Ainsi il n'est rien de stable en ce bas monde.
Voilà les quelques lectures de ma journées.

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