A thunderstorm at night de Lord Byron

Publié le par Eminescu

Could I embody and unbosom now
That which is most within me, – could I wreak
My thoughts upon expression, and thus throw
Soul, heart, mind, passions, feelings, strong or weak,
All that I would have sought, and all I seek,
Bear, know, feel, and yet breathe – into one word,
And that one word were Lightning, I would speak;
But as it is, I live and die unheard,
With a most voiceless thought, sheathing it as a sword.
                     Lord Byron, Child Harold's Pilgrimage


C'est sûrement ce qu'il y a de plus extraordinaire avec les livres: on s'est ennuyé pendant des jours sur des lectures improblables et l'on tombe enfin, alors que la bibliothèque va fermer, sur un passage, quelques vers qui disent à merveille tout ce que l'on ressent depuis des années. La vie de Lord Byron est à elle seule un poème romantique; c'est la passion, le voyage et l'authentique révolte. On me dira comme pour Musset qu'il est inégal, que ces neufs vers époustouflants ne sont guère que de rares pépites extraites d'un poème effroyablement long, charriant tout et son contraire, comme un torrent de boue. Les oeuvres complètes d'Alfred de Musset m'ennuie souvent, la plupart de ses pièces ont mal vieilli, mais il a écrit les Nuits, Lucie, les seuls morceaux d'un lyrisme sincère qu'est jamais connu notre poésie. Il en va de même pour l'auteur de Manfred. Les vers que je donne plus haut excusent toutes les défaillances de l'oeuvres. C'est l'éclair de génie qui vous éblouit et vous étonne. Ils me rappellent Heidegger traitant de l'ouverture du Don Giovanni...
Ah... Où avais-je la tête?... Vous ne comprenez pas l'anglais littéraire et, par conséquent, vous ne pouvez que passer à côté de ce sublime extrait. Vous ne me comprenenez pas non plus, me direz-vous. Et je pourrais ajouter que ce n'est pas de ma faute si vous êtes aussi cons...

Publié dans Littérature

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