Deux pédophiles (Frédéric Mitterand et Roman Polanski), leurs défenseurs

Publié le par Eminescu

Les polémiques d'ordinaire me laissent de marbre. Je ne m'abaisse pas aux querelles partisanes. Lorsque j'ai entendu parler de cette affaire Polanski, il y a quelques temps, j'avoue que j'ai trouvé l'histoire un peu grosse. On arrête un type plus de trente ans après les faits, pour une sombre histoire de moeurs, et dans un pays où il s'est rendu maintes fois. Tous les artistes biensûr ont fait corps autour du malheureux. Pétitions et déclarations de soutien à l'emporte-pièce.
Et ils ont bien fait, car ils m'ont ouvert les yeux sur l'état réel de ce foutu pays.
J'ai appris ainsi qu'il était question d'une gamine de treize ans, droguée et sodomisée, que le coupable a pris la fuite, s'est fait naturalisé Français et qu'il a acheté le silence de la victime. La prescription n'existe pas aux Etats-Unis. Le cinéaste a tout simplement été rattrapé par la justice du pays où il a commis un crime. Il sera jugé et condamné comme il aurait dû l'être il y a plus de trente ans.
Alors pourquoi le défend-on? Et en quoi consiste la défense du criminel?
Frédéric Mitterrand, en 2008.Premier argument: c'est un grand artiste. Evidemment cela lui donne tous les droits. Les BHL et Frédéric Mitterrand défendent leur corporation de la même manière qu'un syndicat défend toujours ses ouvriers contre leurs patrons.

Et puis Frédéric Mitterrand n'était pas clean sur le sujet. Dans un live paru en 2005, La mauvaise vie, il raconte ses petites virées en Thaïlande; recherche excitante de "gosses" et d'"éphèbes". Quelle impertinence! Comme notre auteur germano-pratin sait bien choquer le bon bourgeois! Ca c'est de la littérature dans la lignée de Sade, de Gide, de Nabokov! Sauf qu'il est devenu entre temps ministre de la culture et qu'il est censé me représenter, le sodomite. Un auteur n'a guère de compte à rendre sur ce qu'il écrit, un représentant du peuple un peu plus. Alors il passe à la télé, link, le dégoûtant, et de sa voix perverse et doucereuse, de sa vilaine bouche lippue et sensuelle, il vient expliquer aux gens que les "gosses" et les "éphèbes" de son livre sont en réalité des types de quarante ans, qu'il en a pas touché de plus jeune. Il est formel... Merde. Quand bien même il aurait eu affaire à des "boxeurs" de quarante ans, il s'est vanté d'avoir participé - il a participé! - au tourisme sexuel, cette ignoble avatar du colonialisme, cette impunité que les riches s'arrogent à l'encontre des pauvres, par laquelle ils assouvissent, dans ces pays, des plaisirs immondes qu'ils ne peuvent satisfaire dans le leur.
On en arrive à l'interview consternante de Finkielkraut. Il est invité sur le plateau de France Inter, le philosophe, interrogé par Nicolas Demorrand. Très énervé au sujet de l'affaire Polanski, il nous explique que tout cela vient d'Internet, d'un lynchage médiatique organisé. Les gens détestent les élites; ils sont jaloux. Comme défense d'un pédophile, on l'attendait pas Alain Finkielkraut en juillet 2009 (Bruno Coutier/Nouvel Obs/Sipa)celle-là. La jeune fille avait un petit copain, une sexualité, elle posait nue dans des magazines, c'était une espèce de délurée qui a obtenu ce qu'elle cherchait. Je répète en substance les propos du philosophe, je ne déforme rien, je n'aggrave nullement les choses. Aussi je place ici le lien avec l'interview:
link. Des arguments effarants, dignes de n'importe quel violeur ("C'était une salope, elle se tordait le cul sous mes yeux"). J'aurais bien aimé voir ce qu'il penserait de la chose si un gros dégueulasse enculait sa gamine, qui doit bien porter des strings et avoir des petits copains.  Alain Finkielkraut, le philosophe, le polytechnicien, se trouve face à un certain Yves Michaud, un type calme et posé qui démonte toute son argumentation et fait ressortir sa méconnaissance du sujet. Yves Michaud, le personnage réjouissant de cette interview.
Dernier argument - que l'on attendait: oui, mais Polanski est juif polonnais. Ses parents sont morts à Auschwitz. Il a connu le Nazisme et le Communisme. Cela peut expliquer son acte, en aucun cas l'excuser, comme le fait remarquer un auditeur. A ce compte-là, Hitler n'est pas responsable de ses crimes puisque son père le battait quand il était petit. On ne peut plus accuser un juif de quoi que ce soit. Kouchner a magouillé avec des gouvernants africains. Juif, argent: antisémitisme! DSK est un sale libidineux qui ne peut pas se retenir: antisémitisme. On attrape un juif en cavale: déportation, persécution, pogrom. 
Finkielkraut défend Polanski parce qu'ils partagent tous deux une même religion, les mêmes origines. Il faut le voir, Alain, sur la vidéo, remuer sur sa chaise, agiter les mains derrière Michaud. Seul contre tous, il ne pouvait que se dire atterré, inquiet, désespéré.
On en vient à se demander au final dans quel pays on vit. Kouchner a pris lui aussi la défense du cinéaste, il aurait même appelé Hilary Clinton. (Mais elle ne pouvait rien faire; dans son pays au moins, la justice est indépendante.) Tout cela pour les mêmes raisons que le corréligionnaire cité plus haut. Il est question d'un violeur en cavale, doit-on lui offrir un traitement de faveur parce qu'il est juif et défendu par des juifs internationaux? (Je place ici une vidéo à l'appui: link)
Ils ne veulent pas de théorie du complot - je ne mange pas de ce pain-là - , mais pourquoi font-ils tout pour qu'on y croie?
Mais il faut voir plus large.
Cette affaire, aussi accablante qu'elle soit, fait ressortir le divorce entre les élites et les masses, et surtout l'esprit de caste de ces mêmes élites. Les Finkielkraut et BHL participent à toutes les polémiques et viennent nous expliquer depuis des années ce que l'on doit penser sur tous les sujets. Ce sont des intellectuels, ils ont écrits des livres, il faut toujours s'en référer à eux. A présent on comprend qu'ils manipulent les masses avec pour ligne de mire leur propre intérêt.
Je déteste la Révolution française - ce fut une hypocrisie inutile et sanglante; mais je me demande à présent s'il n'est pas nécessaire parfois de liquider les élites. Je ne dis pas que j'y participerai, que je lancerai le mouvement: par leurs scandales, nos élites l'amorceront d'elles-mêmes.

 

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