L'envers du décor (la partouze)

Publié le par Eminescu

           Voici donc la deuxième partie de L'envers du décor (les publications en ligne), petite nouvelle impertinente comme je sais les faire. Vous m'en reparlerez. Et surtout n'oubliez pas de cliquer sur les liens: ça fait partie du délire.

 

             Je lui racontai par le menu toutes mes petites galères, les boulots instables et la crise. Je lui dressai au passage un tableau sombre de Saint Etienne : une ville misérable, pleine de cas soc’ et de clodos.

            -Attention, parle pas mal des clochards… Je veux dire, c’est pas facile pour eux. Ils ont juste leur chien. (link)

            Il pinça dans le même temps l’oreille d’un des jeunes hommes ; ceux-ci n’arrivaient à rentrer dans aucune discussion. Et ils regardaient d’un œil distrait quelques personnes qui s’étaient mises à danser sur un petit espace entre les tables.

            Widgy, quant à lui, travaillait dans la com’. « Publicis ». Il gérait tout le côté design, mise en forme, langage du corps. Il accompagnait chacune de ses phrases de gestes des mains et des épaules qui m’aidaient à mieux le comprendre.

            -Chez nous, on ne connaît pas la crise. Au contraire, les entreprises ont besoin de nous plus que jamais pour vendre.

            Je le trouvais fin, intelligent. J’étais comme sur un petit nuage. On parlait littérature, politique, actualité…

            Tout à coup, Widgy s’interrompit, se tourna vers le bar-man. Ce dernier s’en alla fermer la porte du bar. Nous étions encore une dizaine à l’intérieur.

            -Pourquoi il ferme ? On est pas encore sortis ?

            -Une heure du mat’, mon grand. On passe aux choses sérieuses… Viens !

08.jpg            Le bar-man avait tourné plusieurs de ses bancs rembourrés sur la piste de danse. Les lumières tamisées y projetaient des halos pourpres et violacés. Les Oniriens se levèrent. On se serait cru dans la grande cérémonie d’Eyes wide shut. Adénora, malgré sa forte corpulence, se positionna étrangement sur l’un des sofas, la tête en bas et le derrière pointant au-dessus du siège. Sa robe longue, tout naturellement, retomba. Elle ne portait pas de culotte. Elle écarta enfin ses grosses jambes blanches, comme une gymnaste.

            -C’est sa position préférée, me confia Widgy.

            Et il fit s’allonger un des petits jeunes, le défroqua précipitamment et se mit à lui secouer la bite comme un cocktail. Le membre se dressa, il s’assit dessus avec un cri de plaisir.

            -Tu vois, me dit-il entre deux râles, j’appelle… ça… l’en-cu-lade. Oh ! c’est bon.

            Pendant ce temps, une jeune fille nue et tout à fait charmante apporta un godemiché géant – il devait faire deux mètres de long - ; les veines mêmes y étaient représentées et le prépuce en était retroussé. Le prenant par les testicules, elle se positionna face à Adénora et tendit le gland à une deuxième jeune fille qui se trouvait de l’autre côté. La matière de l’objet était molle, lisse, légère. Elles l’appliquèrent sur la fente de la cinquantenaire et tirèrent et poussèrent chacune à leur tour. On eût dit qu’elle voulait la scier en deux.

            Le plastique s’enfonçait si profondément dans les moiteurs intimes de la dame que je tournai la tête. Alors je vis Sallimara assise, entièrement nue, entourée d’un homme et de deux femmes. L’homme se servait de son vagin comme d’un verre : il y versait du rosé qu’il buvait goulûment. (link) Et les deux femmes utilisaient chacune une oreille décollée qu’elles faisaient passer entre les lèvres de leur sexe.

            -Eminescu !… Prépare-toi !

            Widgy m’appelait. Le premier jeune homme se rhabillait tout penaud. Son pénis enduit de caca retombait tandis qu’il se reboutonnait. La verge tendue du deuxième touillait le gros intestin de Widgy, lui faisait pousser des râles moins espacés, plus aigus. Il lui sortit enfin de l’anus une merde liquide qui se déversa sur les poils de sa monture.

File:Juliette Sade Dutch.jpg            -Allonge-toi, Eminescu. Il m’en faut un troisième.

            Mes cheveux se dressèrent sur mon crâne, une peur irraisonnée me glaça le visage.

            -Non… non, balbutiai-je.

            -Allonge-toi, je te dis ! J’ai besoin de trois enculades pour jouir !

            Face à tant d’insistance, je partis en courant, trouvai la porte fermée ; je traversai à nouveau la pièce en renversant le bar-man qui voulait me retenir. Je me barricadai dans les chiottes. Quelques maîtres oniriens frappèrent à la porte.

            -Ouvre, Eminescu, on te fera rien.

            Ils avaient abusé de ma crédulité une fois, ils ne m’auraient pas ce coup-ci.

            Je cassai la vitre des toilettes avec un coup de coude qui me vint d’on ne sait où. J’en raclai les verres coupant avec la brosse à chiotte et, montant sur le trône, je me glissai dehors tel un ver de terre. J’atterris dans la cour intérieure de l’immeuble. Je gagnai ainsi la rue. Widgy était sorti du bar.

            -Je t’aurais, Eminescu, je te promets que je me vengerai, salaud !

            Il faisait encore froid et je dus arpenter longtemps les rues de Paris, en attendant mon train.

            Quand je me connectai, de retour dans mon appart’ de la Cotonne, je découvris que mon texte avait été publié sur Oniris, mais les maîtres oniriens m’en avaient voulu de leur avoir fait faux-bond, Widgy surtout, que j’avais frustré de sa troisième enculade.

            Voici les commentaires que je reçus : link.  

 

Au passage, je vous invite à découvrir un roman que j'ai terminé il y a peu et que je viens de publier en format e-book sur Amazon: Puissance de la terre, ou la geste du Grand Sahuc. Vous pourrez vous le procurer à l'adresse suivante: http://www.amazon.fr/Puissance-terre-geste-Grand-Sahuc-ebook/dp/B00Y8PRUK6/ref=sr_1_1?s=digital-text&ie=UTF8&qid=1436806467&sr=1-1&keywords=saurel+puissance

Voici encore la présentation du roman, que vous trouverez également sur Amazon:

 

Puissance de la terreSylvain Fargier redouble sa seconde. Comme il en a plus qu'assez de servir de souffre-douleur à ses camarades, il décide de laisser ses études en plan. Il travaillera dans la petite ferme de ses parents, au milieu de nulle part. Mais ces derniers ne l'entendent pas de cette oreille et parviennent finalement à le ramener à la raison. De retour en cours et à l'internat, plein d'appréhension, notre adolescent ne rencontre pas les moqueries auxquelles il s'attendait: ses camarades sont intrigués par un nouveau venu d'une taille impressionnante, qui ne parle jamais à personne en dehors de deux amis et n'est pas sans accointances avec les voyous des quartiers alentour.

Sera-t-il le héros tant attendu qui vengera Sylvain de toutes les humiliations subies et permettra aux gens des campagnes de prendre une revanche éclatante sur le développement inexorable des villes ? Ou est-il aussi dangereux que les hommes qu'il côtoie ? Sylvain ne sait trop qu'en penser. Toujours est-il que les bagarres, les casses, les combats clandestins se succèdent et lui font oublier quelque temps un quotidien bien morne.

 

Publié dans Nouvelles

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chamak stephane 26/01/2010 00:37


Widj te salue bien et se remet gentiment de ses douleurs...;-)