Julien Rochedy, les "jeunes" et la Corse

Publié le par Eminescu

Voilà un penseur dont je recommande chaudement la lecture. Jeune (né seulement en 1988 !), beau garçon, ambitieux, inventif, précoce, clairvoyant, cet homme a décidément tout pour lui. On pourrait lui reprocher un certain narcissisme – en consultant son blog ou ses pages Facebook – mais on le serait à moins.

A vingt ans (il y a de quoi nourrir des complexes), il écrit Le Marteau, essai dans lequel il foudroie, avec les outils de son maître Nietzsche, les valeurs du monde moderne. Je me suis procuré cet ouvrage. On peut regretter quelques maladresses inhérentes à l'âge de l'auteur, mais, bon sang ! quelle lucidité ! quelle pénétration ! Je suis en accord avec quatre-vingt-dix pour cent des idées qu'il avance. Ce pourrait être le manuel du jeune patriote.

Julien Rochedy a été directeur du Front National de la Jeunesse, poste qu'il a quitté en décembre 2014 : il avait, à ce que j'ai compris, des soucis relationnels avec certains nouveaux venus, et des désaccord de fond avec une aile gauchisante. Cet homme ne manque pas de courage. Alors qu'une belle carrière politique s'offre à lui, qu'il aurait pu briguer mairies ou régions, il décide de monter sa propre entreprise. Il ne veut pas s’ankyloser, suivre un chemin tout tracé. Il veut prendre des risques, se frotter à la réalité.

Parallèlement à ses projets professionnels, M. Rochedy travaille à l'écriture d'un nouvel essai, essai sur lequel il reste assez évasif. On comprend qu'il s'y attaquera à l'Etat et à la politique actuelle, qui appartiennent pour lui au passé. Nos institutions ne sont plus adaptés au monde d'aujourd'hui : nous ne pouvons que retarder leur disparition, ce qui n'est pas souhaitable. Nous allons voir ainsi l'éclosion de nouveaux modes d'organisations, « en grappes », où les individus chercheront à préserver leur culture et leurs traditions. Nous serions ainsi à la fin de l'Empire romain, le Bas Empire, un monde s'effondre, le nouveau n'a pas encore vu le jour. Les deux orientations politiques de notre auteur semblent être le libéralisme et le communautarisme. L'histoire lui donnera-t-elle raison ?

Cela m'amène à parler des manifestations qui ont agité la Corse ces derniers jours, et qui m'occasionnent de fortes poussées de bile. Des « jeunes » des quartiers tendent un guet-apens à des pompiers et des policiers, le jour de Noël. On a frôlé la catastrophe. Personne ne s'en émeut. On s'est habitué à ce que ces « jeunes » brûlent et cassent pour se divertir, que des hommes qui risquent leur vie pour notre sécurité soient pris pour cible, que leurs véhicules soient caillassés. Aucune arrestation. Tout est pour le contribuable.

Mais que d'honnêtes citoyens manifestent leur colère devant cet état de fait, voilà qui scandalise nos médias et nos hommes politiques. Et ils n'ont pas de mots assez durs pour les condamner. (Quand bien-même on peut déplorer le saccage d'une mosquée, il faut saluer le courage et la détermination du peuple corse. Puissent-ils nous servir d'exemples sur le continent.)

Pour en revenir à la pensée de Julien Rochedy, l’État sera de moins en moins en mesure de nous défendre. Il n'aura peut-être plus, bientôt, les moyens d'aligner des policiers entre les voyous et les honnêtes gens. Ce sont donc à ces derniers de s'organiser afin de protéger leurs biens et leur famille. L’État, cependant, les gêne plus qu'il ne les aide : son interdiction des armes à feu, de l'auto-défense, fait du citoyen lambda une proie facile, un agneau, tandis que les lois n'inquiètent jamais les loups, qui deviennent de plus en plus nombreux...

Julien Rochedy

Julien Rochedy

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