Une de Charlie Hebdo sur Stromae

Publié le par Eminescu

Une de Charlie Hebdo

Une de Charlie Hebdo

Il y a l'humour qui donne à réfléchir, qui nous élève, ou nous délasse de nos soucis du quotidien. Et puis il y a l'humour de Charlie Hebdo, qui ne cherche qu'à provoquer le scandale, à créer le buzz. Dernier recours d'un journal sous perfusion de l'Etat qui a besoin de coups marketing pour survivre.

Ce dessin est un manque de respect absolu aux victimes des attentats qui ont meurtri la Belgique, et plus particulièrement à un chanteur et à sa famille. Tout le monde ne le sait sûrement pas, mais le père de Stromae est mort en 94 pendant le génocide du Rwanda.

La question qui se pose est : le savaient-ils ? Savaient-ils que le père de ce jeune homme a été découpé à la machette dans un des drames les plus effroyables de la fin du siècle dernier ? Je crains que oui. Ils n'ont pas choisi Stromae par hasard.

Devenus martyrs, après le 7 janvier 2015, ces journalistes se croient tout permis. Il me font penser à ces handicapés que l'on entoure de prévenances, que l'on plaint, auprès desquels on veut s'excuser, presque, d'être valide. Ils en deviennent infects.

Quand j'étais au lycée – il y a quinze ans de cela -, il m'arrivait de feuilleter ce journal en grande surface. Les seuls à en prendre plein les dents étaient des catholiques, Jean-Marie Le Pen, Bruno Maigret et le Français du terroir, avec sa baguette et son béret. Des pédophiles difformes que l'on représentait en train de péter ou de sodomiser des enfants. La Vierge et le Christ étaient sujets aux pires obscénités.

L'ennemi était le Français, le catholique, le patriote. L'infâme personnage ! Il persécutait de pauvres étrangers, des Noirs et des Maghrébins toujours tristes et abattus.

Ah ! ces journalistes d'extrême gauche les ont défendus leurs immigrés !

Le problème, c'est que ce type d'humour a fini par ne plus faire recette. Les catholiques ne se défendant pas, plus de polémique et, partant de là, plus de médiatisation. Et ce d'autant plus que la presse écrite avait affaire à la concurrence d'Internet. Les gens ne déboursaient plus un ou deux euros pour cet humour de mauvais goût, ces dessins ringards, ces vieux gauchos des années 70. Ils trouvaient bien mieux sur leur ordinateur, et en accès libre.

Il fallut donc trouver de nouvelles cibles. Les juifs ? Vous n'y pensez pas. L'islam ? Intéressant. Ils ont le sang chaud. Des gens susceptibles de réagir à la provocation. Ouais, l'islam !

Fin 2005, des caricatures de Mahomet parurent dans le Jyllands Posten, un journal danois. La communauté musulmane du pays réagit aussitôt et, ne parvenant pas à les faire interdire, plusieurs délégations s'en allèrent au Moyen-Orient afin de soulever leurs corréligionnaires. Embrasement général.

Charlie emboîta le pas. La machine était relancée...

Il suffisait ensuite de souffler sur les braises de temps à autre et de se présenter comme défenseurs de la liberté de la presse et du droit au blasphème.

Oui, mais les musulmans ne sont pas les catholiques. Quand on s'en prend à Allah ou au Prophète, ils ripostent, et ils ne se contentent pas de déclarations, de tribunes ou de manifestations pacifiques. Ils prononcent des fatwas. N'importe qui peut alors trucider le ou les mécréants qui ont été désignés. C'est leur religion.

C'est ainsi que ces immigrés, l'Autre, l'Etranger que l'ont a défendu, puis titillé, ont débarqué dans les locaux de la rédaction, une kalachnikov en bandoulière. Et les coreligionnaires de Kouachi sont assez nombreux à penser que, quand on cherche, on trouve. Leurs enfants, d'ailleurs, ont perturbé la minute de silence à la mémoire des journalistes. Ils sont comme ça nos étrangers, et il faudra bien les accepter comme ils sont...

On a beau être Charlie, ils ne le sont pas.

A présent, les survivants font feu de tout bois. Quoique ringards dans leur dessin, ils appartiennent bien à leur époque. Ils me font penser à ces stars et humoristes qui se réunissent sur les plateaux-télé pour déconner de l'actualité. Rien ne doit jamais être profond, construit. Ça emmerde. On coupe la parole aux intellos, on s'envoie des vannes. La seule règle, c'est de s'amuser. Quand on va trop loin, on se couvre des oripeaux de la liberté d'expression.

Liberté, en l'occurrence, d'exprimer quoi ? Son mépris pour des familles endeuillées? des innocents amputés? un chanteur qui a perdu son père dans un génocide ?

On se demande dans quelle société on vit.

Réponse des Belges à la Une de Charlie Hebdo. La méchanceté de leur humour peut aussi leur repartir dans la gueule.

Réponse des Belges à la Une de Charlie Hebdo. La méchanceté de leur humour peut aussi leur repartir dans la gueule.

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