Une victime de violences policières

Publié le par Eminescu

Un lycéen passé à tabac par des flics (sûrement fascistes).

Pauvre lycéen! Il éprouve un sentiment d'injustice! On l'a frappé pour rien du tout! Vous vous imaginez!

Ecoutez ce grand dadais de quinze ans qui prend la voix d'un gosse de CM2 se plaignant à ses parents d'avoir été mis au coin par la maîtresse: il était pas le seul à rigoler, mais c'est lui qui a pris.

Non, il n'a rien à se reprocher. Il s'amusait juste à lancer des œufs sur les flics. Comment se fait-il que l'un d'eux, frappé en pleine tête, ait perdu ses moyens? C'est incompréhensible.

Rien à se reprocher. Au lieu d'aller en cours, il traînait dans la rue avec ses potes, jouait au chat et à la souris avec des policiers ou des CRS, leur crachait des "enculés!" et des "fils de pute!". Il en avait marre de rester assis sur une chaise, il avait besoin de se défouler un peu, et il a tagué du mobilier urbain, déglingué des vitrines, foutu le feu à des poubelles, peut-être à une ou deux bagnoles.

Non, non, vraiment, rien à se reprocher. On l'envoie au poste pour rien. Il le dira à ses parents. Ils vont porter plainte.

Un pur produit de l'éducation nationale. Je les connais plutôt bien les jeunes dans son genre. On les habitue depuis leur plus jeune âge à n'être jamais responsable de rien. Leurs actes, quels qu'ils soient, n'ont jamais de conséquences. Les salles de classe sont devenus de grands salons de discussion, on s'y amuse, on ricane, on fait tourner en bourrique les "profs" - il faut bien s'amuser. Et ces derniers n'ont pas intérêt à punir ou à s'énerver. Ils sont aussitôt insultés par ces petits messieurs qui ont tous les droits. L'enseignant, auquel on fait un doigt d'honneur, n'obtient jamais gain de cause. On n'exclut pas un élève pour si peu. On réprimandera peut-être le petit chéri, on organisera une réunion qui n'aboutira à rien, il écopera d'une heure de retenue à laquelle il n'ira pas.

Si on insiste, il se dira victime de racisme. C'est le joker de nos "jeunes". Une forme d'immunité absolue. Si un prof, à bout de nerfs, laisse échapper quelques mots grossiers, ils seront impitoyables: "Monsieur, vous avez pas le droit de me parler comme ça!". Le malheureux risquera sa place. Si d'aventure il décoche une claque ou un coup de pied au derrière, on le vire sur le champ.

Mais là, il n'y a pas d'injustice. Vous pouvez en parler à notre victime de violences policières. Il trouve ça normal. La différence de traitement ne lui effleure pas même l'esprit.

De temps à autre, ces enfants gâtés font l'école buissonnière. Toutes les occasions sont bonnes. N'interrogez surtout pas Bibi-la-chougne sur la loi El-Khomri: il n'en connaît ni les tenants ni les aboutissants. Il ne sait pas pourquoi il manifeste. Ou plutôt si, il vous dira que c'est à cause d'un "truc" dégueulasse, que c'est contre les jeunes et qu'il faut "tout péter" pour se faire entendre.

Fort de l'impunité à laquelle il est habitué en classe, il s'en prend à des policiers. Il les insulte, leur jette des œufs à la figure. Il prend un pain dans la gueule et il s'étonne. Mais peut-être a-t-il reçu une bonne leçon de vie. Les policiers et les gens du commun ne sont pas prêts à endurer ce qu'endurent ses profs. Quand on leur manque de respect, ils se défendent.

Suite à l'effroyable injustice dont notre lycéen a été victime - il devrait porter l'affaire devant la cour européenne des droits de l'homme -, ses copains se sont réunis pour attaquer un commissariat. Ils ont jeté sur les portes d'un édifice entretenu par nos impôts tout ce qui leur tombait sous la main. Assoiffé d'amour, de justice et de pardon, l'un d'eux a tagué un charmant "mort aux flics".

Ce premier exploit a été suivi d'un autre: ils ont pillé deux supérettes et ont redistribué la nourriture volée dans un camp de migrants. Ces Robin des bois avouent naïvement s'être quelque peu servi au passage, mais les associations gauchistes leur donneront l'absolution pour ces infimes larcins.

Peut-être auraient-ils mieux fait de garder leur argent pour payer les denrées, plutôt que de s'en servir pour acheter des œufs qui ont fini sur les casques des CRS. Mais allez comprendre leur logique...

Ils viennent en aide à de pauvres migrants. Dans quelques mois, certains iront écouter un groupe de hard-rock et il n'est pas impossible que plusieurs des pauvres Syriens auxquels ils auront donné à manger débarquent dans la salle de concert armés de kalachnikovs. Au milieu des cris et des détonations en rafale, ils entendront fébrilement la venue de ces flics qu'ils conspuaient et dont ils souhaitaient la mort...

Au lieu de préparer leur bac, ces chers élèves s'en prennent à un commissariat - oh, trois fois rien - pour rendre hommage à Bibi-la-chougne, victime de violences policières.

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