Les autorités morales (Badinter, BHL, Lang, Jean-François Kahn)

Publié le par Eminescu

Robert Badinter.jpgJeudi, dans une émission consacrée à l'affaire DSK, Pujadas a présenté Robert Badinter comme "une autorité morale". Qu'est-ce à dire? Que l'on doit suivre les recommandations de notre homme, parce qu'il a écrit des livres très savants, bien entendu, mais aussi parce qu'il s'est battu contre la peine de mort - et il a gagné. Pourquoi pas? Mais on pourait étendre le concept à bien d'autres individus, qui se servent des tribunes médiatiques pour répandre des idées que le citoyens lambda est prié d'adopter. Ils sont autant de repères pour un peuple qu'ils veulent libres, mais qui ne sait ni voter, ni avoir de bonnes opinions. Ce sont des guides. Et en cela ils me font penser à une caste de prêtres qui détient seule la connaissance du bien et du mal. Leur religion, je pourrais bien en parler dans un prochain article, est tout entière axée sur la Shoah qui est, de tout évidence, la pierre de touche de tout événement. Par leurs origines israëlites et leur étroites connivences, ils me font penser à cette tribue de Lévy que l'on trouve dans le Pentateuque et à laquelle est confiée une fonction sacerdotale qui la met à part. Nos intellectuels de gauche sont les gardiens d'un culte qui fait intervenir à tout moment les Juifs, les Nazis et la notion de Génocide, les antisémites, les négationistes. Autour de ses notions s'élabore toute une morale, qui ressemble parfois à de la casuistique. On comprend, dès lors, la haine de ces nouveaux prêtres contre les catholiques que l'on accuse de tous les maux: nos intellectuels ne les détestent pas seulement parce qu'ils appartiennet à une religion avec laquelle les leurs ont eu par le passé quelques différents, mais parce qu'ils ont occupés une fonction dans laquelle ils veulent les remplacer; et il leur a fallu leur arracher des mains les âmes du bon peuple de France.

Le problème, c'est quand l'intérêt de la caste entre en conflit avec les principes affichées, principes auxquels on dit ne jamais avoir dérogé et qui fonde précisément l'autorité morale. C'est le cas dans l'affaire Polanski, mais plus encore dans l'affaire DSK.

Petit tour d'horizon:

-Robert Badinter s'est dit outré par le déchaînement médiatique qu'a entraîné l'affaire. "On ne frappe pas un homme à terre". Il est vrai qu'il a toujours défendu les criminels dans son combat contre la peine de mort. Avoir une pensée pour la victime, c'est pas son genre. Sa femme est une grande féministe. Elle combat évidemment les violences faites aux femmes, mais quand il s'agit d'Arabes, de paysans ou de chômeur, pas quand on a affaire à un corréligionnaire, un ami de toujours.

-Pour BHL, Clémentine Autain a eu la très mauvaise idée de rappeler qu'elle avait été violée au moment de l'affaire DSK. Se faire violer, et trouver cela inacceptable, c'est d'un mauvais goût... Il est intervenu lors de l'affaire Garcia pour expliquer qu'il s'asseyait sur la présomption d'innocence. Il ne faut respecter les lois que lorsqu'elles arrangent ses amis.

-Jack Lang estime, quant à lui, qu'il n'y a pas "mort d'homme". C'est un débauché notoire. Il y a à peu près vingt ans, il parlait de la pédophilie comme d'"un continent à explorer". Lui, il est du genre libéral en matière de moeurs. Une tentative de sodomie? Une fellation forcée? Il n'y a là rien d'extraordinaire.

-Mais le pompon revient à notre ami Jean-François Kahn, l'ancien rédacteur en chef de Marianne, la revue des bobos. Il est très enclin à s'insurger contre toute forme de racisme ou Fichier:JF Kahn.jpgd'injustice sociale - et il faut voir ce qu'il met dans les dents de Sarkozy. Ici, tous les éléments sont réunis: une pauvre femme de ménage noire violée par le patron du FMI. Est-il scandalisée? outrée comme on s'y attendrait? Non, pour lui il s'agit d'un simple "troussage de domestique". Il hausse les épaules.

Je termine avec l'argument commun à tous nos intellectuels: "Nous connaissons bien Dominique, il n'aurait jamais pu faire ça." Evidemment. Un viol, c'est un truc de curé sur les enfants, d'Arabe en groupes, de paysans sur les bêtes, mais la caste, elle, est en dehors de tout ça. Il faut croire en la théorie du complot, pas en la culpabilité de Strauss-Kahn. Ce sont les nouveaux prêtres qui le disent. On a pas le droit de menotter et de mettre en prison l'un des leurs... comme n'importe qui.

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thomas 20/09/2012 13:17

Question d'image. On part d'un gus - pas choisi au hasard - et les médias lui rajoute des couches et des couches de qualités et de compétences de toutes sortes. Et on en arrive à une sorte de
figure abstraite parée de toutes les vertus. Personne n'ira voir derrière.
Cela porte un nom : propagande. Et pour cette propagande, on n'est jamais si bien servi que par ses amis.