Nos agriculteurs

Publié le par Eminescu

"Je refuse de parler d'accent circonflexe pendant que les agriculteurs se suicident." Voilà une déclaration qui fait honneur au journaliste et académicien Jean d'Ormesson.

Depuis quelques années, nos médias et hommes politiques ne s'intéressent qu'aux minorités (homosexuels ou migrants) ou à des problèmes secondaires (réforme de l'orthographe ou grâce de Jacqueline Sauvage). Que les agriculteurs - qui les nourrissent - vendent leurs produits à perte, qu'ils vivent dans de petits villages abandonnés par l'Etat, sans service de poste, sans médecin, sans boulangerie, que certains d'entre eux, accablés de dettes, mettent fin à leurs jours, voilà ce dont ils se fichent éperdument.

Rappelons simplement que les agriculteurs sont littéralement asphyxiés par une grande distribution qui s'arroge des marges toujours plus importantes et dont les lobbys font la loi à Bruxelles comme à l'Assemblée nationale.

Rappelons encore que l'Europe, Hollande en tête, s'est aliénée la Russie suite à l'annexion de la Crimée, que l'embargo russe n'a été qu'une réplique de Poutine aux sanctions prises par l'UE, que, pour défendre les intérêts géopolitiques des Etats-Unis, nous nous sommes privés de débouchés économiques majeurs.

Ainsi, comme pour les attentats de Paris, nous faisons les frais d'une politique étrangère délirante, nos dirigeants s'intéressant davantage aux Ukrainiens de la place Maïdan, aux Américains qui les soutiennent, qu'aux hommes et femmes qu'ils sont censés défendre, leur peuple, à ces familles enracinées qui ont façonné par un labeur acharné le pays qu'ils gouvernent.

La Chute d'Icare. Dans ce tableau de Brueghel l'Ancien, le paysan au premier plan n'a que faire du pauvre fou qui s'est brûlé les ailes: il poursuit son dur labeur. Hélas! Les Icare d'aujourd'hui ne plongent pas seuls dans l'abîme; ils entraînent avec eux marchands, bergers, citadins et cultivateurs.

La Chute d'Icare. Dans ce tableau de Brueghel l'Ancien, le paysan au premier plan n'a que faire du pauvre fou qui s'est brûlé les ailes: il poursuit son dur labeur. Hélas! Les Icare d'aujourd'hui ne plongent pas seuls dans l'abîme; ils entraînent avec eux marchands, bergers, citadins et cultivateurs.

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